25 décembre 2020

Noël gris

Il pleut sans discontinuer depuis des heures. Je me suis réveillé cette nuit et on entendait déjà le tapotement des gouttes sur le toit. Ce sera un Noël gris : quinze degrés, pluie intermittente, aucune trace de neige, évidemment. Les conifères ont la face longue. Les petits piquets qui délimitent les entrées pour le déneigeur ont l’air de se demander ce qu’ils font là.

Un voisin passe sous un parapluie. Contrairement à la ville, on voit peu de parapluies en campagne. Son visage est caché, mais je crois que c’est ce voisin à bedaine qu’on voit passer le matin, qui fait de la marche (relativement) rapide en parlant au téléphone.

Plus tard, un jeune homme tient un petit chien blanc en laisse. Il porte des pantalons de sport Adidas (les bandes blanches sur le côté), un hoodie, un bouc et une tuque à gros pompon que j’aurais qualifiée à une autre époque d’ironique. Les modes changent.

Un autre voisin avec un ventre passe, tiré par un chien brun à la queue en l’air au bout d’une très longue laisse jaune. Un drôle de demi-sourire collé aux lèvres, l’homme tourne la tête à droite et à gauche en marchant tandis qu’il reluque les maisons de chaque côté de la rue. Son chien semble plus déterminé et marche droit en tirant sur la laisse.

Il pleut toujours. Des voitures passent. Les voisins et les chiens qui ont passé repassent. Ce sera un Noël gris et pluvieux et confiné. On a des provisions pour quelques jours. J’ai des livres pour au moins deux ans. Advienne que pourra.