4 novembre 2018

Le cardinal




Je ne me réveille plus au chant du cardinal. Cet été, on a coupé des arbres morts dans le petit boisé derrière le chalet. Il y avait ce grand cadavre d’arbre effeuillé qui dépassait d’une tête ses voisins et qui faisait un perchoir idéal pour les cardinaux. Il y en avait souvent un installé tout en haut qui faisait la conversation avec ses congénères du coin, lançant ses trilles qui ressemblent au son d’un système d’alarme. Mais on a dû couper l’arbre mort pour éviter les accidents, vous savez, on ne sait jamais, un coup de vent, l’arbre qui tombe et blesse quelqu’un ou cause des dommages matériels. Il y a d’ailleurs eu cet été un grand pin qui est tombé dans le quartier lors d’une tempête, il s’est écrasé par chance dans la rue sans qu’il y ait de casse, mais ça démontre que la prudence est de mise. Alors l’arbre mort est disparu et donc le perchoir est disparu et le cardinal avec. Et je ne me réveille plus au chant du cardinal.