15 avril 2018

Passé simple (58) — Dissection

Acer saccharum, feuille, disamare.
Flore laurentienne, figure 127, dessin frère Alexandre Blouin (Source)



L’enfance est curieuse. Petit, j’avais tendance à disséquer des choses. J’ai disséqué des samares, j’ai disséqué des glands, j’ai disséqué des fleurs de trèfle, j’ai disséqué des champignons, j’ai disséqué des épis d’orge (il me semble bien que c’est ce qui poussait dans le champ voisin, avant que ce champ ne devienne un nouveau quartier), j’ai disséqué des quenouilles, j’ai disséqué des Whippets, j’ai disséqué des stylos à bille, j’ai disséqué de vieux appareils électroniques, j’ai disséqué les Barbies de mes grandes sœurs (bin non, je niaise), j’ai disséqué des balles de golf et, au moins une fois, j’ai disséqué une balle de base-ball. Je n’ai cependant jamais disséqué de sauterelle ou de hanneton. Il m’est par contre arrivé de faire griller des chenilles avec une loupe. Quelqu’un m’a montré — est-ce mon grand frère? — qu’à l’aide d’une lentille, on peut concentrer les rayons du soleil en les focalisant en un point. Ça m’a occupé un moment. J’ai surtout mis en pratique ce truc pour faire brûler des feuilles, tel l’homme des cavernes qui découvre comment allumer un feu. L’enfance est curieuse et primitive.