07 mai 2015

Le dépanneur du coin

(Source: Google Maps)

Comment le dépanneur du coin fait-il pour survivre? Dans le quartier, la concurrence est féroce : on trouve un dépanneur à toutes les deux rues. On suppose que dans le voisinage immédiat du dépanneur du coin, il y a juste assez de clients potentiels pour assurer sa rentabilité, des consommateurs ayant un besoin récurrent de cigarettes, de billets de loterie, de bière, de boisson gazeuse et de chips, mais qui n’ont pas la force de marcher plus de trois cent mètres.

Si on fait abstraction des boissons alcoolisées, des boissons gazeuses, des chips et des bonbons, l’offre alimentaire du dépanneur du coin est plutôt pauvre. Quelques produits laitiers et des jus réfrigérés; des conserves poussiéreuses, du pain tranché commercial, trois ou quatre boîtes de céréales sucrées. Pas de quoi faire un festin. Ces denrées alimentaires côtoient sur les quelques rayons divers produits ménagers en un ou deux exemplaires. Pas de quoi dépanner grand-chose non plus, pour tout dire.

Depuis que le dépanneur du coin a installé trois frigos à bière supplémentaires, il doit faire trente-cinq degrés dans le petit local. Au total, en plus de la chambre froide à bière, je compte dix réfrigérateurs commerciaux. Je n’ose pas imaginer la facture d’électricité.

Le dépanneur du coin est ouvert presque tout le temps. C’est à croire que les employés y vivent en permanence. Quand il n'y a pas de client, ceux-ci vaquent à leurs occupations dans l’espace derrière le comptoir : ils écoutent la télé, ils lisent, ils mangent. Parfois, il y a ce couple avec un jeune enfant qui fait ses devoirs.

Si on se fie à son enseigne, sur laquelle on peut lire Dépanneur Richard Papineau, on pourrait croire que le dépanneur du coin appartient à un certain Richard Papineau. Or, une recherche sur le Web permet de constater que le propriétaire de ce commerce est un certain Chuan Gao. Voilà qui explique sans doute pourquoi tous les employés semblent d’origine asiatique.

Ma fidélité au dépanneur du coin est très relative. Parfois, pour changer, je vais au dépanneur de l’autre coin.