08 mai 2011

L’auteur et son double (ou Ceci n’est pas une pipe)

Avec Le machin à écrire, je me suis créé un personnage à l’humour sarcastique, l’écrivain qui aime dépeindre les travers de ses contemporains, le misanthrope léger qui pratique volontiers l’autodérision mais qui est malgré tout doté d’une certaine candeur, qui écrit pour écrire, en évitant dans la mesure du possible la description des replis de son nombril, le type sans doute trop cartésien pour la poésie pure, peut-être trop analytique et superficiel pour la Grande Littérature, qui doute continuellement de ses capacités d’écrivain et qui quête un peu d’approbation – vous savez, le pauvre artiste qui veut qu’on l’aime, Ha! Ha! – l’employé de bureau accaparé par son travail de jour et qui rêve d’avoir plus de temps pour écrire, mais qui de toute façon manque de souffle quand il a soudain le luxe d’un peu de temps, l’écrivain amateur qui ne se fait pas trop d’illusion et sait bien que la littérature sur le Web, ça ne peut que demeurer underground et confidentiel, bref, question de brouiller les cartes, je me suis inventé cet avatar en tout point conforme à ma personne.