05 juillet 2010

Crise(tte) existentielle (où le blogueur solitaire se demande encore une fois « À quoi bon? » mais prend le temps de coucher sa perplexité par écrit plutôt que de seulement se faire la remarque à lui-même)

Bon. Où en est ce blogue? Après un peu moins de quatre ans d’existence, nous en sommes à presque 400 messages publiés (plutôt 300, si on exclut les photos), des messages de quelques lignes à peine pour la plupart. Et la visite se fait rare. Tout ça manque cruellement d’envergure... Je tiens à préciser que je ne suis pas idéaliste. Je sais pertinemment que ce blogue n’est pas vraiment un blogue. C’est davantage un calepin virtuel, une exposition de fonds de tiroir, une plateforme de publication à la bonne franquette. Je comprends parfaitement les limites de ce genre de truc et que son attrait pour d’éventuels lecteurs ne soit pas le même que dans le cas d’un blogue qui fait dans l’humour, dans le site thématique (bouffe, musique, etc.) ou dans le marketing web. Depuis le début, mes attentes sont (très) limitées. Je ne peux cependant que constater la coïncidence de deux phénomènes qui me font plus que jamais me remettre en question:
  1. Ce blogue manque cruellement de souffle. Mes pannes d’inspiration presque permanentes m’angoissent. Je peine à aligner plus de dix ou vingt lignes (considérez par exemple la longueur de cet article). C’est tout juste si j’ai une idée et demie par jour pour Twitter (rappel : message d’un maximum de 140 caractères), alors imaginez pour un texte suivi de plusieurs lignes! J’avais beau faire le fier il y a quelques temps et me vanter ne pas avoir le syndrome de la page blanche, sachez qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit dans l’Internet... Pour couronner le tout, je traîne quelques Grands Projets Ambitieux d’Écriture, qui avancent à la vitesse d’un escargot qui a mal au pied, mais qui réussissent quand même à me tirer assez de jus pour m’éloigner de ce blogue encore davantage.
  2. Ce qui n’arrange rien, ce blogue souffre d’un trafic anémique. À peine 100 visites par semaine; des gens perdus dans l’Internet pour la plupart. Durée de visite frisant le zéro. D’accord, il ne faut pas faire de fixation sur les statistiques de Google Analytics (d’ailleurs, je me plaignais récemment qu’il y avait trop de marketing sur le web), mais ne blogue-t-on pas pour être lu?
Bref, nous sommes en droit de nous demander en toute franchise : à quoi bon?

Comme une voiture de course aux 24 heures d’Indianapolis, le Machin à écrire se rend soudain compte que malgré le mouvement, malgré la vitesse, tout ça ne constitue pas un voyage et qu’il ne fait que tourner en rond.

Pourtant, l’objectif initial que je m’étais fixé est atteint pour l’essentiel : je n’ai jamais autant écrit, et aussi régulièrement, que depuis 2006. Il manque cependant quelque chose pour me pousser. Il manque une fin. Un résultat. Une espèce de rétribution. Quelque chose. L’entreprise me semble soudain futile. Pourquoi ne pas me libérer de l’emprise de cette machine et passer mes week-ends à faire du jardinage et mes soirées à clavarder sur Twitter avec des inconnus, comme tout le monde?

Le Machin à écrire en panne au milieu du désert. Le soleil plombe, j’ai un jerrycan à la main, la sueur coule dans mes yeux et je me demande si j’ai la force de me rendre jusqu’à la prochaine station-service. Je pourrais tout aussi bien m’installer à l’ombre de cet arbuste et attendre tranquillement qu’une voiture passe, lui faire signe, quitter ce lieu inhospitalier et y laisser pourrir mon bazou.

Bon. Ça, c’est aujourd’hui. Je me connais. Dans deux semaines, j’aurai une idée idiote qui m’obsédera et me poussera à écrire un truc de vingt lignes que je publierai ici.

Merde.