4 décembre 2022

Mon (heureux) divorce de Facebook


 

Résumé des épisodes précédents. Il y a longtemps, une page Facebook du Machin à écrire fut créée. Elle disparut en septembre 2021, avant de réapparaître en octobre 2022.


Je croyais avoir trouvé l’arrangement parfait : grâce à un automatisme, mes billets de blogue se publiaient automatiquement, sans intervention manuelle de ma part, dans la page Facebook du Machin à écrire. Je n’avais plus besoin de me brancher à mon compte personnel Facebook, que je ne désirais pas utiliser de toute façon (et dont je n’avais même pas pris la peine de configurer le profil — photo, date de naissance, signe du zodiaque, arbre généalogique, groupe sanguin, code génétique, etc.). Or, il appert que cette façon de faire « enfreint nos Standards de la communauté », m’indique Facebook dans un courriel de menace. Mon compte a été suspendu et on m’invite à contester cet état de fait à défaut de quoi mon compte « sera définitivement désactivé » dans les 30 jours. Voilà qui me permet de régler ce problème sans effort : dans 30 jours, je serai débarrassé à jamais de Facebook. Bon vent !

Ainsi se termine la relation trouble entre le blogue le Machin à écrire et l’empire dorénavant connu sous le nom de Meta Platforms Inc. (NASDAQ: META). J’invite par conséquent les deux ou trois personnes qui me suivent dans Facebook à s’abonner au fil RSS de mon blogue à l’aide d’une application idoine ou à venir nous visiter de temps à autre, à leur convenance (on n’est pas sorteux).

Fragments par 5, numéro 48

Parler une autre langue est pour moi une chance, mais aussi une malédiction. Je sais que je n’atteindrai jamais un niveau de compétences suffisant pour exprimer ma pensée sans entraves, savoir utiliser les mots et les expressions que commandent toutes les conversations et moduler les nivaux de langue à loisir. L’anglais est la seule langue que je connaisse à part le français et, bien que je puisse soutenir une conversation — dans les limites de mes capacités intrinsèquement limitées au bavardage —, ça demeure ardu. J’arrive le plus souvent à destination, mais non sans avoir hésité, titubé, trébuché. Il m’arrive aussi de me perdre et de laisser la fin de la phrase en suspens ; l’interlocuteur a parfois la bonté de la terminer pour moi.


*


À la sortie du restaurant.
— Il me semble avoir j’ai déjà vu le serveur quelque part.
— Ah. Il ne me disait rien. Tu l’aurais vu dans un autre resto ?
— Je suis presque certaine que c’est un comédien. Je l’ai peut-être vu à la télé. Ou au théâtre.
— Tu aurais dû lui demander un autographe, pour vérifier.


*


J’ai fait récemment un bref voyage aux États-Unis pour le travail. Je me suis fait demander par une New-Yorkaise d’origine vietnamienne : « Quel est donc ton accent ? » Elle semblait déroutée par ma façon de parler anglais, peut-être parce que je n’avais pas un fort accent français, sans doute parce que j’utilisais des inflexions étranges, qui sont le fruit de toutes les formes d’anglais, de tous les accents que j’ai entendus depuis mon plus jeune âge et dont mon cerveau s’est imprégné. J’ai répondu que c’est l’accent d’un Canadien français qui a appris l’anglais à l’école, qui le pratique pas ou peu dans la vie de tous les jours et qui essaie depuis des décennies de le maîtriser aussi bien que possible.

Je ne saurais dire quel était l’accent de cette New-Yorkaise d’origine vietnamienne. Disons un accent américain. New-yorkais, peut-être, allez savoir. Elle a semblé satisfaite de ma réponse et m’a complimenté. J’ai bafouillé une réponse un peu confuse, m’excusant de mon incompétence ou de ma compétence relative.


*


À la sortie du théâtre.
— La petite blonde qui jouait la soubrette, elle te disait pas quelque chose ?
— La blonde avec les cheveux bouclés? Non, je la replace pas. Tu l’as vu dans une série ?
— Il me semble qu’elle est serveuse. Au Bouillon Bilk, peut-être ?
— Je ne saurais dire. Comme tu sais, je ne suis pas physionomiste. Ni pour les actrices ni pour les serveuses.


*


J’aurais pu ajouter que je pratique un anglais générique, sans âge, un anglais nord-américain sans racines géographiques ou culturelles. Un anglais prudent, qui évite les mots et les expressions peu connues, peu pratiquées, potentiellement vulgaires, qui pourraient involontairement teinter mes propos. Un anglais qui n’a pas le choix d’improviser la prononciation de certains phonèmes, la position de l’accent tonique dans certains mots, un anglais qui ne connaît pas bien l’air de la chanson. Enfin, j’aurais pu ajouter que c’est l’anglais qui sort de la bouche du Québécois pratiquant au quotidien un français à l’articulation molle, émaillé de diphtongues et de consonnes affriquées.

J’aurais pu dire tout ça, mais ç’aurait été un peu fastidieux et je n’aurais jamais su comment traduire phonème ou diphtongue, par exemple. Alors, j’ai enchaîné sur la pluie et le beau temps. Je suis nul dans le bavardage.

26 novembre 2022

@ProvInstant, le générateur de proverbes


 

Après @jourbot la semaine dernière, je viens de remettre en service @ProvInstant, le générateur de proverbes instantanés. Il est maintenant installé dans Mastodon par ici : http://botsin.space/@ProvInstant. Vous pouvez le suivre à cette adresse : @ProvInstant@botsin.space

C’est une version un tantinet améliorée d’un petit programme JavaScript naïf qui a embelli mon blogue à une certaine époque. Le programme tire au hasard deux proverbes d’une liste préétablie pas nos soins et raboute le début de l’un à la fin de l’autre. La syntaxe de la phrase résultante est parfois étrange (nulle trace d’intelligence artificielle ici), mais le proverbe généré pourra vous faire sourire, voire vous révéler des vérités profondes et insoupçonnées. (Pour être parfaitement honnête, il pourrait aussi vous laisser indifférent.) 



Suivez @ProvInstant@botsin.space dans Mastodon et recevez automatiquement un nouveau proverbe chaque jour à sept heures, heure de Montréal, beau temps, mauvais temps.


P.-S.: Les plus vieux auront peut-être reconnu la bannière du compte ProvInstant : il s’agit de l’illustration qui coiffait à une époque les pages roses du Petit Larousse («Locutions latines et étrangères»).

25 novembre 2022

Fragments par 5, numéro 47

La pénurie de main-d’œuvre a le dos large.

— L’avez-vous dans le bleu ?
— Non, malheureusement.
— Dommage.
— Que voulez-vous : c'est la pénurie de la main-d’œuvre.


*


(Petit dictionnaire imaginaire, suite.)

DU COUP : Faque. « Du coup, je lui ai dit : “T’es trop relou !” »


*


— Il me semble que mon toupet est croche.
— Je n’y suis pour rien.
— Quand même. Et le favori de droite me semble plus long que celui de gauche.
— C’est la faute de la pénurie. La pénurie de la main-d’œuvre.


*


FAQUE : Du coup. « Faque, je lui ai dit : “T’es bin tache !” »


*


— Pardon ? Pardon !
— Oui ?
— Il y a un cheveu dans ma soupe.
— Comptez-vous déjà chanceux d’avoir une soupe, avec cette pénurie de la main-d’œuvre.

22 novembre 2022

Lettre ouverte

C’est avec consternation que j’ai lu l’article intitulé La généralisation hâtive en question publiée dans les pages de votre journal lundi dernier. Pour tout dire, je n’avais pas fini d’en lire l’incipit que je savais exactement le genre de torchon que j’avais sous les yeux. Voilà, me suis-je dit, l’exemple parfait de ce journalisme idéologique auquel les médias de votre acabit nous ont habitués. Je devine que vos scribouilleurs ont tous développé cette même propension à faire la morale, à s’aligner aux diktats de la bien-pensance qui guident de nos jours les organes de presse comme le vôtre. D’ailleurs, lorsque je tombe sur un tel article, c’est la profession journalistique au grand complet que j’ai envie de condamner, comme je blâme ce monde dans lequel nous vivons et qui, dans toutes ses sphères, n’est plus que l’ombre de lui-même.

Oui, voilà ce qui m’est apparu évident à la lecture de la première lettre de la première phrase de ce texte de mille mots dans votre journal : l’univers est en expansion et mon malheur en est le nombril.


N. Petit-Le Gros
Montréal