16 juillet 2018

Work in progress : Passé simple

Vous êtes quelques-uns à suivre ma série Passé simple, que je relaye sur Twitter et sur ma page Facebook (je me permets aussi de rêver que quelqu’un quelque part suit mon blogue par le biais de son fil RSS). Votre fidélité encourage ma constance et de fil en aiguille, depuis le début de l’année, mon blogue est surtout consacré à cette série (soit presque les deux tiers des publications).

J’ai envie de faire le point ici sur ce projet.

À la fin de 2015, j’ai publié dans ce blogue quelques bouts de texte inspirés de mon enfance. J’ai baptisé la série Passé simple. J’avais déjà une bonne idée du cahier des charges, mais je ne savais pas alors où cela allait me mener. Je me suis dit que j’allais ajouter un chapitre de temps à autre. Nous sommes en juillet 2018 et la série compte maintenant 76 textes. Voici la fréquence de publication annuelle :
  • 2015 : 11 textes
  • 2016 : 11 textes
  • 2017 : 16 textes
  • 2018 (à ce jour) : 38 textes




On voit bien que ce qui était un truc secondaire est devenu cette année un projet d’écriture en bonne et due forme. Depuis quelques mois, je maintiens un rythme d’une publication et demie par semaine (je vise deux, mais ce n’est pas toujours possible). Au total, nous en sommes à environ 20 000 mots : ça peut paraître beaucoup, mais ça correspond à moins de 100 pages imprimées. Disons que c’est à la fois peu et beaucoup.

Les premiers textes étaient très courts et ne faisaient qu’un seul paragraphe. J’ai décidé de conserver cette forme : un unique paragraphe coiffé d’une image. Ce qui semblait une bonne idée au départ est vite devenu une espèce de carcan : le paragraphe est pour moi une unité aussi importante que la phrase et j’avoue que plus d’une fois, j’aurais préféré faire des retours à la ligne. Mais je m’en tiens à cette structure, qui favorise la brièveté. Pour compenser, les thèmes que je développe sur la longueur vous sont servis en tranches (un format pratique, qui convient également au fromage et au jambon). Pour ce qui est des images, je pioche un peu dans la collection familiale, ainsi que dans le web (je donne toujours la source de l’illustration si elle ne vient pas de moi).

Quelle est la destination? Je n’en sais trop rien. J’avoue ne pas avoir de plan de travail. J’avance à l’instinct, à l’inspiration — hou! le vilain mot! — et je n’ai pas la moindre idée où tout cela va me mener. Je prends des notes, je rature des notes, j’abandonne des idées (j’en abandonne beaucoup), j’improvise; parfois, j’écris un texte rapidement; parfois, ça marine un moment; je tergiverse, je fais du sur-place, j’écris, je récris. Bref, le processus classique, le tango de la création. (Je me permets d’ajouter que le blogue exige un effort significatif de révision : on n’est pas dans la logique du manuscrit et chaque chapitre doit être poli avant sa publication.) Les textes s’additionnent, les uns après les autres, il n’y a ni histoire ni progression dramatique et la chute sera douce. Je constate que des liens se tissent entre les articles, j’espère que le tout atteindra peu à peu une certaine densité.

Combien de chapitres comptera cette série au total? Comme je le disais dans l’épisode numéro 50, avancer est de plus en plus difficile, le citron donne de moins en moins de jus. Il y a plus de trous que de mémoire. J’aimerais bien finir sur un chiffre rond : quatre-vingt-dix-neuf par exemple. On verra si je réussis à m’y rendre.