7 octobre 2017

Passé simple — Bungalow (1)




C’était une maison en brique de plain-pied dans un quartier résidentiel développé au début des années 1960. Avant cette époque, une forêt vierge s’étendait sur l’imposant domaine du Séminaire de Saint-Hyacinthe; celle-ci a progressivement disparu à mesure que furent vendues des parcelles pour le développement domiciliaire et agricole. Aujourd’hui, il n’y a plus de forêt, que des rues bordées de maisons et, près de l’autoroute, quelques champs en friche qui se transformeront aussi, inévitablement, en zones habitées. Mon père a acheté ce terrain boisé un an avant d’y faire construire la maison familiale; à ce moment-là, la rue Saint-Germain n’était qu’un cul-de-sac. Il a alors conservé autour de la maison quelques beaux arbres matures; j’ai souvenir d’un érable au milieu de la cour arrière, d’un bouquet de grands chênes bordant le terrain, d’un couple de pins géants montant la garde près de l’entrée devant la maison. D’une décennie à l’autre, pour diverses raisons reliées à l’entretien, à l’ensoleillement — et, peut-être, à une certaine recherche d’ordre — mon père a progressivement coupé tous ces arbres. L’urbanisation est une grande dévoreuse de forêts.