6 mai 2017

Passé simple — Expo 67

(Source de l’image)



En ce printemps 2017, il est beaucoup question à Montréal des cinquante ans de l’Expo 67, c’est-à-dire de l’Exposition universelle de 1967, qui eut lieu à Montréal, cet été-là. Toute une affaire, selon ce qu’on en dit : ç’aurait été à la fois la construction du Montréal moderne et une grande séance de déniaisage collectif pour les Québécois. Cette année, c’est également mon cinquantième anniversaire; je suis né quelques semaines avant l’inauguration de l’Expo 67. Je n’ai donc pas connu cet événement historique. Je ne suis même pas certain que mes parents y soient allés. Nous habitions à Saint-Hyacinthe, une ville juste assez éloignée de Montréal pour qu’on ne se sente pas trop concernés par ce qui s’y passe. Mon seul souvenir concret associé à l’Expo 67 est le microsillon 45 tours de la chanson officielle, qui s’intitule Un jour, un jour, et dont nous avions un exemplaire à la maison. Enfant, j’ai beaucoup écouté cette chanson, peut-être attiré par l’aspect historique du disque, le fait qu’il soit associé à mon année de naissance. Je me rappelle encore le refrain par cœur.

Un jour, un jour, quand tu viendras
Nous t’en ferons voir de grands espaces

C’est un air pop interprété par Donald Lautrec. La rythmique évoque étrangement une version accélérée d’Ob-La-Di, Ob-La-Da des Beatles qu’on aurait beurrée de cuivres et de violons. Donald Lautrec chantait avec cette voix pleine de testostérone qui faisait alors son succès, en articulant un drôle d’accent international. Face B, sur la même trame sonore, une version dans l’autre langue officielle, Hey Friend, Say Friend, également interprétée par le beau brummel. 

Un jour, un jour, quand tu viendras
Pour toi nous retiendrons le temps qui passe

Ont-ils réussi à retenir le temps, cet été-là? En tout cas, le temps s’est repris par la suite. Au moment où j’écoutais cette ritournelle, les anciens pavillons de l’Expo 67 étaient probablement déjà en train de moisir sur un site désaffecté. Aujourd’hui subsistent tout de même quelques reliques : le dôme géodésique de Buckminster Fuller, le stabile de Calder, le pavillon de la France devenu casino et, bien sûr, le parc d’attraction la Ronde, maintenant opéré par une entreprise américaine. Le microsillon 45 tours, lui, est disparu, comme le reste de la collection de disques familiale, bazardée par mes parents lors d’une vente de garage.