24 novembre 2016

Erratum




Hier, j’ai découvert par hasard une coquille dans mon dernier livre. Tout cela en relisant deux ou trois paragraphes. La chose m’a plongé dans un profond désarroi.

Je vous rassure : je ne passe pas mon temps à me relire. D’abord, j’ai autre chose à faire de mon temps que de lire mes propres livres et ensuite, j’ai tellement relu ce livre en le révisant que je ne puis tout simplement plus le voir, même en peinture (à moins, peut-être, qu’il s’agisse d’une peinture abstraite). En fait, la découverte de ladite coquille a été déclenchée par un tweet innocent (et fort gentil) de Benoît Melançon qui citait quelques mots d’une de mes nouvelles; j’eus alors la curiosité, pour remettre cette citation dans son contexte, de retrouver l’extrait dans le texte du livre; quelques mots plus loin, je m’enfargeais dans les fleurs du tapis d’une coquille.


Bien sûr, une œuvre n’est jamais finie. À chaque minute qui passe, on évolue, on change et s’il fallait relire continuellement tout ce qu’on a écrit, rien ne serait tout à fait satisfaisant, rien ne serait tout à fait fini, on aurait envie de tout récrire, on n’en finirait plus et on ne produirait jamais rien de neuf. Dans le cas qui nous intéresse, cependant, je ne parle pas de tournures vaguement insatisfaisantes, mais bien de deux authentiques tares :
  1. une coquille objectivement inacceptable : « lorsqu’un lui confie » plutôt que « lorsqu’on lui confie » et;
  2. la répétition dans le même paragraphe de « au gré », ce qui est franchement mauvais du point de vue du style.
Voilà le genre de bourde que fera le fou furieux qui se lance dans l’auto-édition. Et ne nous y trompons pas : un livre qui contient une coquille est un livre défectueux.

Je fus aussitôt pris de panique. Que faire devant ce fait accompli? Que dire aux x lecteurs qui se retrouvent aujourd’hui avec un livre défectueux? (Permettez-moi la coquetterie de vous en cacher le nombre exact, mais disons que ces lecteurs se comptent sur les doigts de deux ou trois mains.) Que faire de l’inventaire des livres empilés dans nos entrepôts? (Inventaire dont le nombre d’unités peut être dénombré, disons, sur les doigts de deux ou trois mains.)

Tout d’abord, le Machin à écrire a illico publié une nouvelle édition corrigée dans nos boutiques en ligne, une opération plus périlleuse et fastidieuse qu’il n’y paraît. Ainsi, nos futurs clients n’auront plus le malheur d’avoir la rétine brûlée à la vue d’une coquille et d’un « au gré » redondant. Notons par ailleurs que la version corrigée a conservé son attribut de première édition; nous n’avons en effet pas jugé bon faire trop de fla-fla pour un u changé en o et pour cinq mots supprimés.

Pour ce qui est des lecteurs ayant en main un exemplaire défectueux de notre livre, voici ce que nous leur proposons :
  • Aux lecteurs qui ont acheté la version epub du livre, si vous m’envoyez par courriel votre copie du epub défectueux, je vous renvoie une version corrigée. Mon adresse de courriel est indiquée dans la page À propos du blogue; vous pouvez aussi m’envoyer un message privé dans Twitter.
  • Aux lecteurs qui ont acheté la version papier du livre, malheureusement, je ne peux rien faire pour vous. Veuillez par conséquent accepter mes plus plates excuses (oui, je sais, ça vaut ce que ça vaut).
Inutile de dire que notre Vice-président au Contrôle de la qualité nous a présenté sa démission, laquelle nous avons refusée, l’obligeant à se faire hara-kiri. Bien fait pour cet incompétent.

En terminant, nous nous excusons encore une fois pour cette coquille et nous vous remercions de votre compréhension.


[Mise à jour du 2016-11-25]

Je me rends compte que, tout concentré par mes bouffonneries, j'ai oublié d'indiquer plus haut que je demeure évidemment responsable de toute coquille qui subsiste dans mon livre suite à sa publication et que mes chers lecteurs bêta n'y sont pour rien, eux qui ont fait un travail aussi formidable que bénévole. Je leur rendais d'ailleurs hommage lors de mon lancement virtuel et je n'en pense pas moins aujourd'hui : grâce à eux, j'ai écrit un meilleur livre.