15 janvier 2016

Passé simple — Kitsch




De tout temps, une fois adultes, c’est avec avec un brin de gêne que les humains considèrent l’époque lointaine de leur enfance. Tôt ou tard, ils se rendent compte qu’ils ont grandi dans une époque ringarde, quétaine et arriérée. Mon enfance s’étant principalement déroulée dans les années 1970, je sais de quoi je parle. Jadis, les petits Simard nous vendaient du pouding. Les pantalons de velours côtelé étaient à la mode. Les pantalons à taille haute à pattes d’éléphant aussi. Les hommes portaient fièrement les favoris et la moustache. Angèle Arsenault chantait Moi j’mange à la radio AM. Le comble du raffinement consistait à servir à ses invités un aspic et des œufs mimosas. On dansait volontiers le Continental dans les mariages. On écoutait en boucle la version disco du thème de Star Wars. Les motifs et les couleurs étaient agencés un peu n’importe comment, en privilégiant le brun. Partout, beaucoup de brun. Et le temps passe et on vieillit et les générations plus jeunes finissent inévitablement par redécouvrir l’époque de notre enfance et trouver ça terriblement branché. On n’en continue pas moins d’avoir un peu honte.