27 août 2015

Des livres à perdre

J’avance avec peine, un doute s’installe, je soupire, je me lasse, je persévère un peu, je l’oublie un moment, j’y reviens, je soupire encore, ça ne dure pas, évidemment, et je passe à autre chose, je l’abandonne, il me sort complètement de l’esprit, il n’existe plus, jusqu’à ce que je tombe dessus par hasard en faisant du ménage : il gît, abandonné sur ma table de nuit, déjà empoussiéré ou enseveli sous d’autres cadavres, un bout de papier plié en guise de signet, la preuve irréfutable que j’en ai lu à peine le tiers. En général, c’est sans honte et sans remords que je vais finalement le ranger dans une bibliothèque où il ira finir sa vie, en tout cas jusqu’à ce qu’une corvée de ménage plus sérieuse lui fasse prendre le bord d’une bouquinerie, voire du recyclage.

Pas de pitié pour le livre abandonné. Le problème, c’est pas moi : c’est lui.