10 avril 2015

Génie mécanique

Le fonctionnement des portes automatiques du métro de Montréal relève d'une science extrêmement subtile. On n'imagine pas la précision des mécanismes délicats impliqués dans l'ouverture et la fermeture des portes des wagons; les ressorts miniatures, les petits engrenages, les moyeux minuscules : il ne s'agit que d'un rien — un mauvais alignement, une malencontreuse poussière, l'usure infinitésimale d'une pièce — pour que le dispositif s'enraye, provoquant le blocage des portes (ledit blocage causant, comme chacun le sait, « un ralentissement de service »). Durant la nuit, alors que les trains sont immobilisés, une équipe de techniciens spécialisés assure la mise au point de cette fragile mécanique, un travail qui rappelle celui de l'horloger, de l'accordeur d'orgues ou du neurochirurgien. Rappelons-nous que c'est grâce au labeur de ces travailleurs de l'ombre, que nous, simples passagers, pouvons nous émerveiller du fonctionnement des portes automatiques du métro, lesquelles, à chaque station, semblent s'ouvrir et se refermer comme par magie.