10 août 2013

Sur la route des vacances (3) – Caractères

Sur la route des vacances, il y a toute sorte de monde. Voici trois spécimens.
  • Il y a les banlieusards qui roulent dans ces gigantesques fourgonnettes, les enfants à l’arrière, leurs petits cerveaux sous sédatif grâce à la magie d’un lecteur DVD qui leur rejoue un film d’animation américain qu’ils ont déjà vu trois cent cinquante fois. Les banlieusards traînent avec eux deux tonnes de bagages, répartis dans la soute arrière de leur véhicule géant, ainsi que dans l’énorme porte-bagages installé sur le toit. Ceux-là roulent le régulateur de vitesse réglé à 120, la climatisation à fond et ne s’arrêteront en route qu’une seule fois: pour faire le plein et manger au McDo.

  • Il y a les angoissés qui préparent un itinéraire hyper détaillé des semaines à l’avance, s’arrêtent toutes les demi-heures pour consulter la carte routière, s’enquièrent de la route à prendre auprès des employés de chaque station-service, dépanneur ou casse-croûte visités en chemin. Aussi les angoissés arrêtent-ils à toutes les aires de repos, juste au cas où ils auraient une petite envie d’uriner. Règle générale, plus ils sont angoissés, plus ils sont préparés et plus leur périple sera long. Une fois à destination, alors que le soleil sera couché depuis longtemps, ils se féliciteront d’avoir pris toutes ces précautions en se disant: tu t’imagines à quelle heure nous serions arrivés, sinon?

  • Il y a les gens pressés qui continuent à performer même en vacances, allez, faut que ça opère, on n’est pas là pour avoir du plaisir. Work hard, play hard, comme disent les anglais. Les pressés roulent vite, nerveusement, vous talonnent dans la voie de dépassement, n’hésitent pas à vous faire des appels de phares, voire à carrément vous klaxonner. On s’imagine qu’une fois au chalet, ils s’empresseront de mettre à l’eau leur gros bateau et d’en rincer bruyamment le moteur, slalomant entre leurs voisins de lac qui tentent de relaxer en faisant un petit tour de pédalo. Il ne sera pas huit heures qu’ils auront déjà englouti chacun trois hamburgers, six épis de maïs et une caisse de douze. Allez, la vie est si courte: carpe diem, tabarnac!