17 décembre 2011

Dix nouveaux conseils destinés au coureur intermédiaire


Vous avez suivis nos dix conseils essentiels à l’usage du coureur débutant, publiés ici il y a quelques temps. Voilà déjà plusieurs mois que vous vous êtes mis à la course. Vous persévérez. Vous progressez et n’êtes plus aussi essoufflé qu’à vos débuts. Parfois commence à naître en vous le sentiment qu’il serait temps de passer à une nouvelle étape. Au hasard du quotidien, peut-être vous arrive-t-il de rencontrer d’autres coureurs, le sujet vient dans la conversation et vous ne savez pas toujours quoi en dire, d’autant plus qu’à écouter ces autres coureurs évoquer le rythme de leurs entraînements et les courses auxquelles ils s’inscrivent, vous en venez à douter de vos capacité, voire souffrir d’un certain complexe d’infériorité. En définitive, vous aimeriez bien améliorer votre positionnement dans la hiérarchie complexe des coureurs amateurs et bientôt pouvoir à votre tour regarder de haut vos amis joggeurs.

C’est clair : il est temps pour vous de passer à un niveau supérieur. Vous n’êtes qu’un coureur amateur? Grâce aux dix conseils qui suivent, devenez enfin un coureur de performance.

1. L'entraînement

Vous courez deux ou trois fois par semaine? Erreur! Il ne faut pas courir, il faut s’entraîner! Si vous ne faites que courir, vous êtes condamné à stagner : lorsqu’on s’entraîne, on se donne des buts et on progresse. Un peu d’ambition, que diable! Think big!

2. La compétition

Vous croyez que la course est un sport individuel et vous courez en solitaire. Quelle idée! Pour se motiver, il faut s’inscrire à des courses officielles organisées. C’est dans le cadre de telles compétitions que vous pourrez non seulement entraîner vos muscles, mais votre compétitivité. Ne courrez plus pour vous-même, courrez pour dépasser les autres : c’est bien plus valorisant!

3. Une idée fixe

Vous courez deux ou trois fois par semaine et cette activité commence à occuper une place de plus en plus importante dans votre vie. Ainsi, en bon passionné que vous êtes, le sujet revient sans cesse dans vos conversations. C’est que vous aimez bien partager avec votre entourage les préoccupations qui entourent ce sport: vos nouvelles chaussures, vos maux de genou, votre nouveau record de distance, etc. Bref, vos amis ne sont plus capables de vous entendre parler de jogging. Que faire? La solution est fort simple : changez d’amis!

4. L'équipement

Après un ou deux mois d’entraînement à porter des vêtements amples de coton et de vieilles espadrilles, vous avez suivi nos précédents conseils et vous êtes doté de vêtements spécialisés griffés. Vous avez aussi fait le plein d’accessoires – casquette fluo, ceinture pour bouteilles d’eau, gaine pour baladeur numérique, lunette de soleil de sport– que vous exhibez fièrement dans les parcs de votre quartier. C’est très bien. Maintenant que vous visez à devenir un coureur de performance, il serait temps de passer à l’équipement haut de gamme. Un coureur de performance porte des t-shirts techniques (nylon nanotechnologique) à 120$, des chaussettes minimalistes en laine de mérinos à 50$ (chacune), des collants aérodynamiques à 200$ et, s’il vente, un survêtement ultraléger à 500$. La règle est simple : plus c’est cher, plus vous courrez vite.

5. La marathon

Quoi? Vous n’avez pas encore couru le marathon? Vous n’avez pas honte? Êtes-vous certain d’être sérieux dans votre pratique de la course? La prochaine fois que vous rencontrerez un marathonien, vous n’avez pas peur de passer pour une moumoune? Si vous aspirez à devenir un coureur de performance, il est plus que temps de vous mettre à un plan d’entrainement strict qui vous permettra d’atteindre, et dans les plus brefs délais, la barre des 42,195 kilomètres.

6. L'alimentation

Vous le savez, l’alimentation est un des facteurs-clés pour améliorer vos performances. Le marathonien en devenir que vous êtes doit notamment faire le plein de sucres lents et c’est pourquoi il doit constamment se bourrer de pâtes alimentaires. Mais, vous demandez-vous, quel type de pâte alimentaire est la plus appropriée pour le coureur? Optez pour les traditionnels spaghettis et évitez les pâtes creuses, comme les macaronis, pennes et rigatonis, qui sont pleines d’air et donc moins nourrissantes.

7. La visualisation

Tous les sportifs de haut niveau le disent : pour réussir des exploits, rien de tel que la visualisation. Que ce soit pour gagner une médaille aux Olympiques, obtenir une promotion ou devenir riche en écrivant un best seller bidon intitulé Le Secret, la visualisation est une méthode magique mainte fois éprouvée. Non seulement la visualisation fait se réaliser des choses, mais en prime, visualisez-vous en train de courir pendant votre jogging et comptez les kilomètres en double!

8. Courir pied nu

Inspiré par des magazines spécialisés, les témoignages de collègues coureurs ou des détaillants sans scrupules, vous avez troqué vos souliers de course pour des souliers de course minimalistes avec des orteils? Ah là là, pauvre de vous : vous êtes encore une mode en retard! De nos jours, il faut courir pieds nus. C’est la nouvelle tendance. N’était-ce pas ainsi que courait nos ancêtres les hommes des cavernes? Le fait qu’ils se promenaient aussi à peu près nus, mangeaient de la viande crue et grognaient pour communiquer ne devrait cependant pas vous inciter à régresser à l’état de semi humain. Courir pied nu vous permettra de retrouver cette façon de courir si mystérieuse, primitive, parfaite et contre-intuitive qui consiste en gros à éviter tout contact du talon au sol. Ceci étant dit, nous concédons que courir pied nu dehors en hiver n’est pas idéal et dans ce cas, nous vous donnons le droit de porter une sandale légère.

9. Prévenir les blessures

Ayant maintenant accédé au stade de coureur intermédiaire, vous découvrez du même coup les affres des blessures. Maux de genoux, tendons sensibles, tibias douloureux : vous en venez parfois à vous demander si la course à pied, plutôt que de vous mettre en forme, n’est pas en train de faire vieillir prématurément le vieux tacot qui vous tient lieu de corps. Que faire? Ne désespérez pas! Nos lectures des magazines spécialisés nous ont permis de développer un traitement simple et infaillible, qui saura vous remettre en forme : faites vos étirements, ne les faites pas, prenez de l’ibuprofène, ne prenez aucune médication, réduisez votre entraînement, arrêtez de vous entraîner pour quelques semaines, continuez à vous entraîner, achetez de nouvelles chaussures, courez pieds nus et, si les symptômes persistent après six à vingt-quatre mois, prenez rendez-vous dans une clinique de médecine sportive.

10. Une question d'ambition

Inspiré par nos conseils, vous rêvez déjà de compléter votre premier marathon. Mais saviez-vous que l’an dernier, 24 000 coureurs étaient inscrits au marathon de Montréal? Cette épreuve est devenue d’une telle banalité, il serait temps pour vous de vous intéresser aux courses qui, de nos jours, comptent vraiment, soit l’ultramarathon, l’Ironman™ ou l’utra-trail. Ou alors, pourquoi ne pas devenir le premier homme à gravir l’Everest à la course? Que diable, bougez-vous un peu! Allez-vous rester coureur intermédiaire toute votre vie?