27 août 2010
Écrire
D’ici à ce que j’aie terminé l’écriture de ce roman, peut-être la race humaine se sera-t-elle éteinte, victime de sa voracité, de ses superstitions, de sa stupidité – l’homme qui court à sa propre perte, aveuglé, il se croit invincible, il croit qu’on peut étirer l’élastique encore un peu, que l’élastique pourra s’étirer indéfiniment, mais non, l’élastique finit par péter – ou victime d’un nouveau microbe virulent et mortel, de ceux qui sont trop résistants et qui se multiplient trop vite, dont on n’a pas le temps de trouver le remède, ce remède qu’on trouve souvent par chance, par essais et erreurs, mais un beau jour on pourrait ne pas y arriver à temps et le microbe aura le dessus, un truc pire que la peste, et l’humanité sera bel et bien rayée de la carte; peut-être l’Occident se sera-t-il effondré, sa population vieillissante n’étant plus capable de faire fonctionner sa machine, ses systèmes politique et économique devenus obsolètes, tout cela s’étant écroulé sous son propre poids, comme hier la chute de tant d’empires maintenant oubliés, car en effet tous les empires finissent pas s’effondrer, n’est-ce pas?; peut-être la langue française ne sera-t-elle plus en usage, les dernières personnes pratiquant cette langue ayant disparu, la toute dernière étant cette vieille femme de cent trois ans qui baragouine un créole qu’elle est la seule à comprendre, le français finalement supplanté par d’autres langues plus vivantes, plus utiles, moins complexes, et ce roman que j’aurai composé de peine et de misère sera-t-il la dernière bribe, l’ultime texte rédigé dans cette langue morte de sa belle mort; peut-être le Québec se sera-t-il anglicisé, se sera-t-il enfin fondu dans le melting pot nord-américain, mettant fin à cette résistance inutile, se ralliant enfin au plus grand nombre, parce qu’en effet à quoi bon écrire un roman pour six, sept millions de congénères quand au-delà ce notre petit horizon il y a tant de gens qui habitent un univers où les auteurs peuvent s’enrichir à vendre des livres en quantité industrielle, des livres qui sont de surcroît presque de facto traduits dans toutes les langues peu importe leur qualité intrinsèque puisque, et c’est bien normal, ils sont en anglais, une langue qui jouit d’une crédibilité supérieure, étant la langue de la culture mondiale, celle des science et de la diplomatie, et donc des arts supérieurs; peut-être ma vie aura-t-elle changé du tout au tout, ma femme me quittant, exaspérée par mon esprit casanier, écœurée par mon caractère, fatiguée de moi, et j’aurai peut-être aussi perdu mon emploi – crise économique, restructuration de l’offre et de la demande, attrition, les raisons de manqueraient pas – peut-être tout cela aurait-il dégénéré au point où je me retrouve à la rue, criblé de dettes, sans revenus, me mettant à boire, devenant un moins que rien, dormant l’hiver sur les bouches d’aération du métro, devenant une bête, ne sachant plus écrire, n’ayant plus la capacité d’écrire et de toute façon qui veut de la littérature d’un itinérant, qui s’intéresse aux hors-la-vie?; peut-être mourrai-je, victime d’un accident bête, heurté par une voiture en traversant la rue, une simple distraction, ou alors j’aurai trébuché dans l’escalier en descendant de chez moi, ou bien j’aurai été frappé d’un infarctus fulgurant au moment où je m’y attendais le moins, je ne sais pas, par exemple pendant que je suis à me préparer un thé vert, ou pire, je serai mort d’une mort lente, grugé par un cancer du genre de ceux qui prennent leur temps, qui savent bien qu’ils auront le dessus, ceux-là dont les médecins vous disent « Vous en avez pour six à douze mois » mais vous crevez au bout d’un an et demi, à bout de souffrance et de patience, et vos proches au salon funéraire de se féliciter que vous ayez quand même réussi à battre les pronostics. Peut-être que je poursuis l’écriture de ce texte en vain et qu’au final, peut-être serai-je seul, au sommet du Mont Royal, à la main la liasse des feuillets flétris de mon manuscrit, à regarder en bas Montréal brûler, à regarder le monde s’effondrer, sachant pertinemment qu’il n’y a plus personne ou que s’il reste des gens, ils n’ont rien à faire d’un roman, rien à faire de la littérature parce que seule la survie compte désormais, je parle de la survie au quotidien, de ne pas crever dans l’heure qui suit, bouffé par les rats qui évacuent en masse les égouts, bouffés par tes semblables qui veulent eux-aussi survivre, la simple loi du plus fort, l’homme redevenu animal; franchement, dans ces circonstances, on n’a que faire de la littérature. Plus probablement, peut-être réussirai-je à compléter mon manuscrit, sain et sauf, mais que j’aurai beau l’envoyer à des éditeurs, ceux-ci n’y verront rien de bon, qu’ils n’en liront même pas au complet la première page, se disant bon, ce n’est pas ça, au suivant; ou alors, pire, figé par le doute et la peur, laisserai-je le manuscrit moisir sur mon disque dur, il est là, j’en suis conscient, mais je n’en fais rien, et un bon jour une panne d’ordinateur et les données sur le disque sont irrécupérables et je n’ai jamais pensé faire une copie de sécurité mais de tout façon à quoi bon puisqu’aucun éditeur n’aurait eu quelque intention de publier la chose, ce texte inintéressant, qu’il soit perdu à jamais dans les limbes de l’informatique, peu importe. Bref, peut-être cette entreprise est-elle complètement futile. Et durant tout ce temps qu’il me prendra pour arriver à son terme, tant de choses peuvent survenir, qui peuvent anéantir mes efforts, m’empêcher d’en voir l’achèvement, parce que j’écris si lentement, il me prend un temps tellement long pour avancer, je compose par à-coups, trois, quatre pages en une semaine, puis plus rien pendant trois, quatre mois, ou alors je patauge, ajoutant un paragraphe ici ou là, ou je révise, je retouche, je repasse dans mes pas mais n’avance pas, ça stagne, je n’en vois pas la fin, je n’en verrai jamais la fin; on ne se rend généralement pas compte de tout le travail que représente la rédaction d’un roman, en tout cas pour quelqu’un comme moi, parce qu’il semble qu’il y a de ces gens qui ont un souffle littéraire immense, qui, en écrivant jour et nuit peuvent pondre une histoire en quelques jours, une histoire dense, avec des personnages forts, une histoire dont le style est unique, vibrant, un truc de cinq, six cents pages qui suscitera une réaction enthousiaste, voilà un grand auteur, dira-t-on, voilà un auteur capable de créer un monde à lui, un monde fascinant, et en quelques jours à peine, écrivant nuit et jour, parait-il, n’est-ce pas extraordinaire, un auteur avec un souffle immense, en tout cas la légende veut que ce genre d’écrivain existe. Je sais que je tramerai, je sais que j’aurai mauvaise conscience lorsque ça piétinera, je suis conscient que le résultat me laissera sur ma faim, n’aura pas l’ampleur que je souhaite, qu’il ne s’agira au fond que d’un petit tas de feuilles imprimées à double interligne, qui me donnera à la fois une certaine fierté mais aussi le sentiment que tout ça est bien peu de choses. Mais il faut avancer. Il faut continuer. Il ne faut pas combattre la compulsion. Il faut faire avec, il faut avancer dans son courant. Et de me botter les fesses et de prendre mon courage à deux mains et d’ouvrir ce satané fichier dont le nombre de pages ne change jamais, et d’amener le curseur où j’en étais rendu, page 45 évidemment, toujours page 45, et d’écrire des mots, faire vivre ces gens, écrire enfin, écrire.
25 août 2010
Encore des twitreries (2 de 2)
Et voici la deuxième partie de mes moins pire twitreries publiées sur Twitter depuis le mois de juin. La première partie regroupe des trucs de nature plus simplement humoristique. Ensuite, de petites histoires en 140 caractères tout juste. Certains s'adonnent à cet art du 140 de façon systématique et avec un très grand succès d'ailleurs, à voir le nombre de suiveux qu'ils récoltent. Pour ma part, c'est plus épisodique, quoique tout à fait calculé (140 signes pile, ce n'est pas du hasard) et je publie alors sans tambours ni trompettes. Je n'ai aucun sens du marketing, ça explique probablement que j'ai moins de 150 suiveux (ça, mais aussi parce que ce que je publie n'est sans doute pas très transcendant, et parce que je n'utilise pas Twitter comme un outil de clavardage comme tant de gens le font). Ce twittage m'amuse bien. Je n'ai jamais écris autant de ce que j'appelle des "bribes". Par contre, je n'ai jamais autant négligé mon Grand Projets Ambitieux d’Écriture. Rien n'est parfait.
* * *
Il pleut des cordes. Remarquez, c’est mieux que s’il pleuvait des cuivres (ou des percussions).
L’incontinence sexuelle n’est pas une position. Défendable
Cet intégriste de l’écologie a lancé la Journée sans respirer. Heureusement, personne ne l’a suivi. Le pauvre est mort au bout de 2 minutes.
Madame mille-pattes détestait se faire les jambes, ça lui prenait la journée.
Est-ce que les entrepreneurs en construction ont parfois des dépôts rénaux?
Est-ce que les comptables angoissés développent des calculs biliaires?
En chemin pour mon cours de méditation transcendantale, j’ai fait le plein. Mais une fois là-bas, j’ai vraiment fait le vide.
Chez les économistes, l'indice de confiance est sujet de grandes inquiétudes.
Fait cocasse: Evel Knievel est mort en essayant de sauter par-dessus quatre vieillards, alors qu’il était au volant de sa marchette.
J’en étais à trois aubergines d’égorgées lorsque ma femme surgit enfin dans la cuisine et m’expliqua ma méprise.
Le huitième jour, Dieu considéra le monde et lui trouva maintes imperfections. Alors, il créa le duct tape, le donna à l’homme et déguerpit.
Un gros-boutien devient-il un petit-boutien si, au tarot, il met le petit au bout?
Avec le temps, un droitier peut-il connaître un léger gauchissement?
Quel est le taux de suicide à Saint-Louis-du-Ha! Ha! ?
Il y a les crevettes de Matane et il y a les St-Jacques de Compostelle.
J’ai postulé comme rédacteur de blague pour Carambar. Ma candidature n’a pas été retenue. La lettre de refus était signée: "Matisse, 8 ans".
Offre d'emploi: Chef de file dans son domaine, la multinationale Port-o-Let recherche un boss des bécosses. Possibilités d'avancement.
"La modestie, c'est pour les loosers." - Le Dalaï Lama
Je n’étais plus certain. Depuis quand ce reste de lasagne se trouvait-il dans le frigo? Je fus rassuré sur sa fraîcheur grâce au carbone 14.
Il écarquilla les yeux et hurla: "Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon!!!" Mais couic, la créature le goba tout rond.
Je perds la mémoire. Je cherche mes mots, des dates. Ça m’énerve. Souvent, ça m’enrage. Mais ma colère ne dure pas longtemps. J’oublie vite.
Il y avait le rouge à lèvre. Et le rouge sur les joues. Grand-père avait l’air d’une poupée. Je crois qu’ils auraient dû fermer le cercueil.
Rien n’est plus embarassant que de publier un message Twitter de 140 caractères pile puis se rendre compte qu’une coquille le rend invalide.
Ayant entrepris d’écrire un essai sur l'extinction des humains, ce futurologue fut stoppé dans son élan par l'invasion des extra-terrestres.
Ce sinologue superstitieux affirmait entrer en contact avec les empereurs de la dynastie Ming grâce à la technologie des vases communicants.
Sans une once d’humilité, il prétendait être membre de l’Association Mensa. Je restais sceptique, ayant aperçu ses chaussettes dépareillées.
-- Ça vous cause des ennuis? -- Non, pas vraiment. -- Hm. Il va quand même falloir vous l'enlever. -- Zut! C’est ma femme qui va être déçue.
Roman instantané: Verser ce message dans un grand bol. Ajouter graduellement 1 litre d’eau en remuant constamment. Devrait donner 250 pages.
Et je suis demeuré comme ça, un long moment, piteux, un bouquet de roses à la main, la porte fermée devant moi, sur le seuil. De la douleur.
Bien qu'on m'assurât qu'elle fut gratuite, j'insistais pour payer le prix de la liberté. Je finis par m'énerver; on m'expulsa manu militari.
Il me demanda de me déchausser avant d’entrer. Motifs religieux? J’en doutai fort lorsqu’il exigea aussi que je passe au détecteur de métal.
L’incontinence sexuelle n’est pas une position. Défendable
Cet intégriste de l’écologie a lancé la Journée sans respirer. Heureusement, personne ne l’a suivi. Le pauvre est mort au bout de 2 minutes.
Madame mille-pattes détestait se faire les jambes, ça lui prenait la journée.
Est-ce que les entrepreneurs en construction ont parfois des dépôts rénaux?
Est-ce que les comptables angoissés développent des calculs biliaires?
En chemin pour mon cours de méditation transcendantale, j’ai fait le plein. Mais une fois là-bas, j’ai vraiment fait le vide.
Chez les économistes, l'indice de confiance est sujet de grandes inquiétudes.
Fait cocasse: Evel Knievel est mort en essayant de sauter par-dessus quatre vieillards, alors qu’il était au volant de sa marchette.
J’en étais à trois aubergines d’égorgées lorsque ma femme surgit enfin dans la cuisine et m’expliqua ma méprise.
Le huitième jour, Dieu considéra le monde et lui trouva maintes imperfections. Alors, il créa le duct tape, le donna à l’homme et déguerpit.
Un gros-boutien devient-il un petit-boutien si, au tarot, il met le petit au bout?
Avec le temps, un droitier peut-il connaître un léger gauchissement?
Quel est le taux de suicide à Saint-Louis-du-Ha! Ha! ?
Il y a les crevettes de Matane et il y a les St-Jacques de Compostelle.
J’ai postulé comme rédacteur de blague pour Carambar. Ma candidature n’a pas été retenue. La lettre de refus était signée: "Matisse, 8 ans".
Offre d'emploi: Chef de file dans son domaine, la multinationale Port-o-Let recherche un boss des bécosses. Possibilités d'avancement.
"La modestie, c'est pour les loosers." - Le Dalaï Lama
* * *
Il écarquilla les yeux et hurla: "Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon!!!" Mais couic, la créature le goba tout rond.
Je perds la mémoire. Je cherche mes mots, des dates. Ça m’énerve. Souvent, ça m’enrage. Mais ma colère ne dure pas longtemps. J’oublie vite.
Il y avait le rouge à lèvre. Et le rouge sur les joues. Grand-père avait l’air d’une poupée. Je crois qu’ils auraient dû fermer le cercueil.
Rien n’est plus embarassant que de publier un message Twitter de 140 caractères pile puis se rendre compte qu’une coquille le rend invalide.
Ayant entrepris d’écrire un essai sur l'extinction des humains, ce futurologue fut stoppé dans son élan par l'invasion des extra-terrestres.
Ce sinologue superstitieux affirmait entrer en contact avec les empereurs de la dynastie Ming grâce à la technologie des vases communicants.
Sans une once d’humilité, il prétendait être membre de l’Association Mensa. Je restais sceptique, ayant aperçu ses chaussettes dépareillées.
-- Ça vous cause des ennuis? -- Non, pas vraiment. -- Hm. Il va quand même falloir vous l'enlever. -- Zut! C’est ma femme qui va être déçue.
Roman instantané: Verser ce message dans un grand bol. Ajouter graduellement 1 litre d’eau en remuant constamment. Devrait donner 250 pages.
Et je suis demeuré comme ça, un long moment, piteux, un bouquet de roses à la main, la porte fermée devant moi, sur le seuil. De la douleur.
Bien qu'on m'assurât qu'elle fut gratuite, j'insistais pour payer le prix de la liberté. Je finis par m'énerver; on m'expulsa manu militari.
Il me demanda de me déchausser avant d’entrer. Motifs religieux? J’en doutai fort lorsqu’il exigea aussi que je passe au détecteur de métal.
24 août 2010
Encore des twitreries (1 de 2)
Voici la suite des moins pires moments de mon fil Twitter, ce qui pourra intéresser ceux qui ne fréquentent pas ce médium pour le moins bizarre. Pour ma part, je continue d'utiliser Twitter d'abord comme plateforme de publication, mais c'est aussi un endroit où la réaction à ce que j'écris peut être directe et spontanée, ce qui est stimulant. Et il y a toujours la contrainte amusante d'écrire un court texte de 140 caractères au maximum. Bref, voici la suite de mes twitreries, publiées depuis juin dernier. Première tranche de deux.
Dès qu’un évènement passionnait un tant soit peu ses contemporains, il faisait la moue et laissait tomber: "Tout cela est un non-événement."
On devinait ses origines jeannoises par son accent, mais aussi parce qu’elle prononçait souvent le point final des phrases en disant: lâw.
On devinait ses origines françaises par son accent, mais aussi parce qu’elle prononçait souvent le point final des phrases en disant: Voilà.
J'avais compté tous les moutons, mais je ne dormais pas encore...
Tu as invoqué l'axe du mâle et versé des larmes de destruction massive.
Salle ou comptoir? Chaise ou banquette? Le menu ou la carte? Eau plate ou gazeuse? Blanc ou rouge? Café ou dessert? Visa ou MasterCard?
Pile: Il avait arrêté de boire et s'était mis au jogging. Deux semaines plus tard, il mourait d'un infarctus.
Face: Il avait arrêté de boire et s'était mis au jogging. Deux semaines plus tard, il gagnait à la loterie.
J’espérais une preuve d’amour. Mais on exigeait de moi que j’envoie dix preuves d’achat.
Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Je ne fus pas plus avancé lorsqu’il conclut son argument par un très énigmatique: "Donc, voilà."
Pop: Ersatz d’art.
Chaise électrique: l'hart moderne.
Contre exemple: on vient de m’apprendre à faire des grimaces.
J’ai compté les mains. C’était la dix-huitième. Et j’ai mis le petit au bout.
J’ai compté les pieds. Il y en avait mille. J’ai conclu: mille-pattes.
La métaphore est faible.
Il dit: "Au loin, on entend l'autoroute." Il ajouta: "Sinon, c'est un coin de pays tranquille..."
Évolution : bébé-bulle, enfant roi, homme téflon, vieux schnock.
ADN: Obsolescence programmée.
Festival: concert généralisé.
Naturiste: voyeur exhibitionniste.
Je ne suis pas dupe de te recevoir.
Philanthropie: cœur de métier.
Prostitution: corps-business.
Entendu à la radio: "Ça ne touche pas seulement les hommes et les femmes, mais aussi l’ensemble de la société."
A-t-on déjà chanté « Agadou » à Agadir?
"Une erreur inconnue s'est produite" Des gros mots inusités sont proférés.
Après avoir été soumis au test de Turing, il s’avère que Le machin à écrire est opéré par un humain. Nos plus plates excuses.
Ma sphère d'influence est à un grain de pollen ce qu'un proton est à l'univers.
Reçu un courriel intitulé: "Tired of wasting uncountable $ to grow yourPenis but result not what you expect?". Je n’ose pas répondre oui.
Lu sur la première page d’un magazine féminin: « Truc maquillage - Quand la seule solution est de se mettre un sac sur sa tête »
Paradoxe: L'air bête de l'employée du comptoir de courtoisie.
Dernière heure: Un philosophe danois démontre que Dieu n’existe pas. Jugeant la preuve irréfutable, le pape Benoit XVI démissionne aussitôt.
Suggestion de lecture pour les vacances: "Les mémoires d’un doctorant". Un roman à thèse.
* * *
Dès qu’un évènement passionnait un tant soit peu ses contemporains, il faisait la moue et laissait tomber: "Tout cela est un non-événement."
On devinait ses origines jeannoises par son accent, mais aussi parce qu’elle prononçait souvent le point final des phrases en disant: lâw.
On devinait ses origines françaises par son accent, mais aussi parce qu’elle prononçait souvent le point final des phrases en disant: Voilà.
J'avais compté tous les moutons, mais je ne dormais pas encore...
Tu as invoqué l'axe du mâle et versé des larmes de destruction massive.
Salle ou comptoir? Chaise ou banquette? Le menu ou la carte? Eau plate ou gazeuse? Blanc ou rouge? Café ou dessert? Visa ou MasterCard?
Pile: Il avait arrêté de boire et s'était mis au jogging. Deux semaines plus tard, il mourait d'un infarctus.
Face: Il avait arrêté de boire et s'était mis au jogging. Deux semaines plus tard, il gagnait à la loterie.
J’espérais une preuve d’amour. Mais on exigeait de moi que j’envoie dix preuves d’achat.
Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Je ne fus pas plus avancé lorsqu’il conclut son argument par un très énigmatique: "Donc, voilà."
Pop: Ersatz d’art.
Chaise électrique: l'hart moderne.
Contre exemple: on vient de m’apprendre à faire des grimaces.
J’ai compté les mains. C’était la dix-huitième. Et j’ai mis le petit au bout.
J’ai compté les pieds. Il y en avait mille. J’ai conclu: mille-pattes.
La métaphore est faible.
Il dit: "Au loin, on entend l'autoroute." Il ajouta: "Sinon, c'est un coin de pays tranquille..."
Évolution : bébé-bulle, enfant roi, homme téflon, vieux schnock.
ADN: Obsolescence programmée.
Festival: concert généralisé.
Naturiste: voyeur exhibitionniste.
Je ne suis pas dupe de te recevoir.
Philanthropie: cœur de métier.
Prostitution: corps-business.
Entendu à la radio: "Ça ne touche pas seulement les hommes et les femmes, mais aussi l’ensemble de la société."
A-t-on déjà chanté « Agadou » à Agadir?
"Une erreur inconnue s'est produite" Des gros mots inusités sont proférés.
Après avoir été soumis au test de Turing, il s’avère que Le machin à écrire est opéré par un humain. Nos plus plates excuses.
Ma sphère d'influence est à un grain de pollen ce qu'un proton est à l'univers.
Reçu un courriel intitulé: "Tired of wasting uncountable $ to grow yourPenis but result not what you expect?". Je n’ose pas répondre oui.
Lu sur la première page d’un magazine féminin: « Truc maquillage - Quand la seule solution est de se mettre un sac sur sa tête »
Paradoxe: L'air bête de l'employée du comptoir de courtoisie.
Dernière heure: Un philosophe danois démontre que Dieu n’existe pas. Jugeant la preuve irréfutable, le pape Benoit XVI démissionne aussitôt.
Suggestion de lecture pour les vacances: "Les mémoires d’un doctorant". Un roman à thèse.
23 août 2010
Bienvenue sur triple double v point machin à écrire point com.
Bof.
L’art du web.
L’art numérique.
La liberté de copier.
L’auto-publication facile.
C’est l’ère des dilettantes, des créateurs bénévoles.
C’est l’œuvre prodigue et gratuite, sans contrôle de qualité.
Pour chaque vedette du web, combiens de tâcherons anonymes?
Ça donne ce que ça donne.
Bienvenue sur triple double v point machin à écrire point com.
Ça donne ce que ça donne.
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C’est l’ère des dilettantes, des créateurs bénévoles.
L’auto-publication facile.
La liberté de copier.
L’art numérique.
L’art du web.
Bof.
L’art du web.
L’art numérique.
La liberté de copier.
L’auto-publication facile.
C’est l’ère des dilettantes, des créateurs bénévoles.
C’est l’œuvre prodigue et gratuite, sans contrôle de qualité.
Pour chaque vedette du web, combiens de tâcherons anonymes?
Ça donne ce que ça donne.
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C’est l’ère des dilettantes, des créateurs bénévoles.
L’auto-publication facile.
La liberté de copier.
L’art numérique.
L’art du web.
Bof.
22 août 2010
Nommer les choses
L’univers de Gödel
Les espaces de Hilbert
Le diagramme de Venn
Le point Godwin
La ligne Maginot
Le cercle d'Euler
Le triangle de Pascal
La colonne Morris
La tour Eiffel
La porte d’Ishtar
L’échelle Richter
L’escalier de Penrose
Le mur de Plank
Les caisses Desjardins
La cage de Faraday
Le chat de Schrödinger
Le chien des Baskerville
La baleine de Jonas
La pomme d'Adam
La poire Williams
La tarte Tatin
L'œuf de Colomb
Le hachis Parmentier
La crème Budwig
La coupe Stanley
La théière de Russell
La boîte de Pétri
La chaîne de Ponzi
Le fil d'Ariane
La bobine Tesla
Le moteur Stirling
Le cuirassé Potemkine
La machine de Turing
L’appareil de Golgi
Le frein Jacob
L’attracteur de Lorenz
Le brûleur Bunsen
Le télescope Hubble
La lunette de Galilée
Le rasoir d'Ockham
La ceinture de Kuiper
La tête à Papineau
La langue de Molière
La glande de Cowper
La cellule Chénier
Le tendon d’Achille
Le genou de Claire
Les courbes de Bézier
Le mont de Vénus
L’île de Gilligan
La baie d’Hudson
Le nuage de Magellan
L’étoile de David
La comète de Halley
La Vénus de Milo
Les noces de Figaro
La chanson de Roland
La flûte de Pan
Les trompes de Fallope
La tétralogie de Wagner
La tirade de Dom Juan
Les fables de la Fontaine
Les contes de Ségur
Le dictionnaire Larousse
Le prix Nobel
L’institut Pasteur
La fondation Miro
Le musée Picasso
Le complexe d’Œdipe
Le syndrome de la Tourette
Le lymphome de Hodgkin
La maladie d'Alzheimer
La loi de Murphy
Le théorème de Fermat
L’algorithme de Dijkstra
Les ondes Martenot
Le boson de Higgs
Le code Morse
L’alphabet Braille
Le compteur Geiger
Le chiffre de César
Le nombre de Reynolds
La cinquième de Beethoven
Le coefficient de Poisson
La constante de Plank
La distribution de Bernoulli
L’ensemble de Mandelbrot
Les travaux d’Hercule
L’expérience de Milgram
La transformation de Fourier
La réaction de Maillard
L’épreuve de Bernoulli
L’effet Doppler
Le principe d’Archimède
Le paradoxe de Condorcet
Le test de Rorschach
L’affaire Dreyfus
Le vol d’Icare
Le gambit Benko
La défense Tchigorine
Le réflexe de Pavlov
L’attaque Trompowsky
Le canon de Pachelbel
Les pensées de Pascal
Le serment d’Hippocrate
Le guide Michelin
La doctrine Monroe
Les vérités de La Palice
Le jugement de Salomon
La mort de Sardanapale
L’enfer de Dante
Les espaces de Hilbert
Le diagramme de Venn
Le point Godwin
La ligne Maginot
Le cercle d'Euler
Le triangle de Pascal
La colonne Morris
La tour Eiffel
La porte d’Ishtar
L’échelle Richter
L’escalier de Penrose
Le mur de Plank
Les caisses Desjardins
La cage de Faraday
Le chat de Schrödinger
Le chien des Baskerville
La baleine de Jonas
La pomme d'Adam
La poire Williams
La tarte Tatin
L'œuf de Colomb
Le hachis Parmentier
La crème Budwig
La coupe Stanley
La théière de Russell
La boîte de Pétri
La chaîne de Ponzi
Le fil d'Ariane
La bobine Tesla
Le moteur Stirling
Le cuirassé Potemkine
La machine de Turing
L’appareil de Golgi
Le frein Jacob
L’attracteur de Lorenz
Le brûleur Bunsen
Le télescope Hubble
La lunette de Galilée
Le rasoir d'Ockham
La ceinture de Kuiper
La tête à Papineau
La langue de Molière
La glande de Cowper
La cellule Chénier
Le tendon d’Achille
Le genou de Claire
Les courbes de Bézier
Le mont de Vénus
L’île de Gilligan
La baie d’Hudson
Le nuage de Magellan
L’étoile de David
La comète de Halley
La Vénus de Milo
Les noces de Figaro
La chanson de Roland
La flûte de Pan
Les trompes de Fallope
La tétralogie de Wagner
La tirade de Dom Juan
Les fables de la Fontaine
Les contes de Ségur
Le dictionnaire Larousse
Le prix Nobel
L’institut Pasteur
La fondation Miro
Le musée Picasso
Le complexe d’Œdipe
Le syndrome de la Tourette
Le lymphome de Hodgkin
La maladie d'Alzheimer
La loi de Murphy
Le théorème de Fermat
L’algorithme de Dijkstra
Les ondes Martenot
Le boson de Higgs
Le code Morse
L’alphabet Braille
Le compteur Geiger
Le chiffre de César
Le nombre de Reynolds
La cinquième de Beethoven
Le coefficient de Poisson
La constante de Plank
La distribution de Bernoulli
L’ensemble de Mandelbrot
Les travaux d’Hercule
L’expérience de Milgram
La transformation de Fourier
La réaction de Maillard
L’épreuve de Bernoulli
L’effet Doppler
Le principe d’Archimède
Le paradoxe de Condorcet
Le test de Rorschach
L’affaire Dreyfus
Le vol d’Icare
Le gambit Benko
La défense Tchigorine
Le réflexe de Pavlov
L’attaque Trompowsky
Le canon de Pachelbel
Les pensées de Pascal
Le serment d’Hippocrate
Le guide Michelin
La doctrine Monroe
Les vérités de La Palice
Le jugement de Salomon
La mort de Sardanapale
L’enfer de Dante
15 août 2010
Dix quatre
Discorde
La vie parsemée d'embûches
Je réponds: "10-1"
J'émets passionnément
Discute
Coups de gueule, uppercuts
Dans le box j'accuse
Espère la cloche
Discarte
Carré d'as
Tu ramasses la mise
J'encaisse le choc
Dispense
Les souvenirs heureux
Les hiers qui chantent
Rancune à outrance
Disculpe
Tu condamnes mon impotence
Je clame mon innocence
Le bourreau patiente
Disgrâce
Ni avocat ni défense
Tombe la sentence
Purgatoire et potence
Discerne
Tes valises sous mes yeux
Avalisent ta retraite
Pas d'ultime dernière chance
Disperse
Quand tu prends la fuite
La croisière ne s'amuse plus
Je coule, tu roucoules
Distance
Où es-tu, oh, où es-tu
Quand je te google
Vanessa évanescente
Dispose
Papier mat ou glacé
Immortalisé
Le petit oiseau va rentrer
La vie parsemée d'embûches
Je réponds: "10-1"
J'émets passionnément
Discute
Coups de gueule, uppercuts
Dans le box j'accuse
Espère la cloche
Discarte
Carré d'as
Tu ramasses la mise
J'encaisse le choc
Dispense
Les souvenirs heureux
Les hiers qui chantent
Rancune à outrance
Disculpe
Tu condamnes mon impotence
Je clame mon innocence
Le bourreau patiente
Disgrâce
Ni avocat ni défense
Tombe la sentence
Purgatoire et potence
Discerne
Tes valises sous mes yeux
Avalisent ta retraite
Pas d'ultime dernière chance
Disperse
Quand tu prends la fuite
La croisière ne s'amuse plus
Je coule, tu roucoules
Distance
Où es-tu, oh, où es-tu
Quand je te google
Vanessa évanescente
Dispose
Papier mat ou glacé
Immortalisé
Le petit oiseau va rentrer
7 août 2010
Instantanés
La patience du fleuve
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Un navire avance imperceptiblement
Traversera bientôt le paysage
Le carillon tinte mollement
Dans la brise
Gâchant le silence
Comme des vagues se cassant sur la grève
Par intermittence
Le bruit des voitures qui passent sur la route, derrière
Cette odeur âcre de pétrole et d’acier
Nous atteignons le chemin de fer
Qui longe la rive, en bas de la falaise
Toute une variété de petits fruits sauvages
Merises, pommettes, raisins, framboises
Mais bizarrement aucun oiseau en vue
Si ce n’était de la silhouette des montagnes sur l’horizon
Le ciel et le fleuve se confondraient
D’un même bleu très pâle
Dans le village, les touristes se massent
Rue principale et galeries d’art prises d’assaut
Il fait bon ici un verre de blanc sur la terrasse
Il faut faire un effort pour se le rappeler
C’est le même fleuve, c’est le même pays
D’ici, Montréal semble étranger
Il anticipe ses manœuvres des kilomètres à l’avance
Son bâtiment semble à peine se déplacer
Le pilote de navire se la coule-t-il douce?
Le l’aube au crépuscule
Le paysage se peint de nouvelles nuances
De même, jour après jour
D’ici on voit la pointe de l’Isle-aux-Coudres
L’Isle-aux-Coudres
Difficile de ne pas se laisser aller à des calembours idiots
Comme la silhouette d’une femme allongée
La courbe dramatique de la hanche d’une femme
La côte charlevoisienne plonge dans le fleuve
Cette teinte de bleu très pâle
Est-ce le ciel qui se mire dans le fleuve
Est-ce l’inverse?
Tous les paysages ont quelque chose d’unique
Certains bénéficient d’un marketing plus efficace
Ainsi Charlevoix
Ce matin, l’horizon a disparu
On aperçoit l’ombre de navires fantômes
Le ciel a la couleur du lait
Mille bourdons besogneux butinent, les cuisses chargées de pollen
Ça n’arrête pas de la journée
Vivent les vacances
Farniente
Le temps ne passe pas, il glisse
Sans bruit
« Quel gâchis », me dis-je
Je reste un moment interdit
Devant la vitrine de cette galerie d’art
Ce matin, on nous a volé le paysage
Brume opaque
Plus d’île, plus d’horizon, plus de ciel
Plus rien à voir, que du blanc
Un silence chargé
Soudain tonne une corne de brume
Farniente
Les pieds plus hauts que la tête
Rêver les yeux ouverts
Ciel variable, temps suspendu
J’égrène les pages d’un roman
Le vent chasse les brumes, mais charrie l’orage
À marée basse, la baie se vide
De gros rochers se découvrent
À la plage, des enfants jouent dans la boue
Tiens, je ne suis plus dans l’ombre
Le soleil m’a rejoint sans que je m’en rende compte
Je déplace ma chaise et replonge dans ma lecture
Le temps a beau avoir l’air suspendu
Un spectre hante l’après-midi
Demain, c’est retour en ville
L’ombre des nuages sur l’eau verte de la baie
De gros cumulus glissent
Tels des navires volants
Une bourrasque de vent dans les feuilles
Encore et toujours le carillon sous la véranda
Une corneille croasse, tout près
Farniente
Toute la journée à ne rien faire
Conjurer le stress de la routine par la monotonie
Baie-Saint-Paul, août 2010
2 août 2010
Apparition divine (sur la route des vacances)
Nuée, rais de lumière, atmosphère dramatique: tous les éléments de la mise en scène habituelle y étaient. Dieux m'est apparu et il s'est exprimé de sa voix caverneuse, qui emplissait le ciel. Il n'avait cependant aucune révélation à faire au bénéfice de la chrétienté. Il voulait seulement me donner en primeur les numéros gagnants du prochain tirage du Lotto Max. Si vous n'y voyez pas d'inconvénients, je vais garder cette information pour moi.


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