Je ne comprends pas ce qu’on appelle le syndrome de la page blanche. Quel est le problème? Rien n’est plus facile que de se mettre à écrire, à partir de rien du tout, sur une page jusque là vierge. Il s’agit de se laisser aller. Bien sûr, c’est mieux d’avoir un sujet avant de commencer à écrire. Ça donne une motivation plus forte, un allant, et en résulte généralement un texte plus cohérent. Mais à la limite, pas même besoin d’une idée, d’une histoire. En alignant quelques mots, ça fait tourner le cerveau un peu, la machine se met en marche et l’inspiration vient souvent toute seule. C’est comme dans « boire donne soif ». En dernier recours, on peut même faire de l’écrite automatique. (Je suggère ça en passant, mais j’avoue trouver ce type de procédé franchement paresseux; j’associe l’écriture automatique – l’authentique, celle qui consiste à écrire n’importe quels mots qui nous passent pas la tête – à cette image d’un ado boutonneux, disons moi à quatorze, quinze ans, qui est dans sa passe « surréalisme » et qui se trouve donc cool d’écrire n’importe quoi vite, vite, en associant le bla, bla qui en résulte à une prise directe sur l’inconscient). Bref, il faut se lancer et écrire. Se donner un thème, quelque chose de simple, et broder. Faire une liste. Décrire quelque chose qu’on a vu. Tenter quelques rimes. Critiquer les travers de ses contemporains. Que sais-je?
La page blanche n’a rien d’effrayant. Ce qui m’effraie plutôt, c’est le texte en cours. Quand la plage n’est plus tout à fait blanche. Ce qui me fait peur, c’est de continuer, de garder le fil, de garder le rythme et d’arriver au bout de l’idée ou de l’inspiration qu’on avait au moment d’écrire les premiers mots sur ladite page blanche. Ce qui m’angoisse, c’est la page 45, alors que je sais qu’il en faudrait encore cent de plus. Ce qui me déprime, c’est une demi-page qui n’est même pas capable de devenir une page complète, parce que le feu s’est éteint, les mots ne viennent plus. Ce qui m’afflige, c’est de ne pas avoir le temps, de ne pas avoir l’énergie, d’être trop paresseux pour même prendre une page blanche (mon ordinateur) et y tracer des signes (y taper des caractères). Ce qui m’embête, c’est la page à peine noircie tout juste bonne à mettre à la corbeille.
31 mai 2010
28 mai 2010
Un Zilon (un vrai!) sur la "Main"!
Le tronçon du boulevard Saint-Laurent qui va bientôt disparaître (au sud de Ste-Catherine) est l'objet d'un événement spécial aujourd'hui. Ça s'intitule "Bombe sur la Main". Des artistes es graffiti s'en donnent à coeur joie: on leur a commandé des oeuvres murales à réaliser sur la façade des édifices condamnés. Ça débutait à midi et ça se terminera à minuit. Voici quelques clichés pris vers 17h00, alors que des artistes étaient au travail.
Un dernier hommage au Montréal Pool Room original (maintenant déménagé en face).
Un Zilon sur la rue à Montréal: on se croirait revenu dans les années 80...
24 mai 2010
La fréquence de citation du nom dans le bruit blanc de l'Internet comme mesure de la popularité
Peut-on mesurer la popularité d'un personnage en fonction du nombre d'occurrence de son nom dans le web? Pourquoi pas? (Je conviens que la question: "Pourquoi?" tout court serait tout aussi légitime). D'abord, le nombre de résultats correspondant à des termes de recherche semble plutôt approximatif dans Google. Ensuite, le choix des termes recherchés influence grandement les résultats. Mais qu'à cela ne tienne: malgré son nom, la rubrique Statistiques du Machin à écrire ne vise aucunement la pertinence des résultats, mais le plaisir de créer des résultats les plus inutiles et surprenants possibles.
Voici donc les résultats d'une analyse totalement bidon et non scientifique sur la popularité relative de divers personnages en fonction du nombre de résultats lorsqu'on recherche leur nom à l'aide de Google Search.
D'abord, comment se classent les quatre mousquetaires de Dumas? Sans grande surprise, d'Artagnan est le champion. Bizarrement, Porthos est laissé pour compte, mais les deux autres auront sans doute profité de l'existence de divers homonymes.
Tournons-nous ensuite du côté d'une sélection de personnages de dessins animés. Le gagnant est sans surprise Mickey Mouse, porté par la puissance du marketing de Disney. Nous sommes heureux de constater qu'Elmer Fudd fait bonne figure. Par contre, Squiddly Diddly, pourtant un personnage intéressant, surtout pour la voix qu'il avait dans la version doublée en français, déçoit avec très peu de citations sur le Web.
Enfin, appliquée à quelques personnages de Tintin, cette méthode met en lumière une popularité étonnante des Dupondt, que je ne m'explique pas.
Voici donc les résultats d'une analyse totalement bidon et non scientifique sur la popularité relative de divers personnages en fonction du nombre de résultats lorsqu'on recherche leur nom à l'aide de Google Search.
D'abord, comment se classent les quatre mousquetaires de Dumas? Sans grande surprise, d'Artagnan est le champion. Bizarrement, Porthos est laissé pour compte, mais les deux autres auront sans doute profité de l'existence de divers homonymes.
Tournons-nous ensuite du côté d'une sélection de personnages de dessins animés. Le gagnant est sans surprise Mickey Mouse, porté par la puissance du marketing de Disney. Nous sommes heureux de constater qu'Elmer Fudd fait bonne figure. Par contre, Squiddly Diddly, pourtant un personnage intéressant, surtout pour la voix qu'il avait dans la version doublée en français, déçoit avec très peu de citations sur le Web.
Enfin, appliquée à quelques personnages de Tintin, cette méthode met en lumière une popularité étonnante des Dupondt, que je ne m'explique pas.
Pour terminer, mon nom résulte en 14 800 résultats (dopés par quelques homonymes semi-célèbres). À titre de comparaison, Justin Bieber retourne 46 200 000 résultats. J'en conclus qu'il y a donc quelque chose de juste dans cette méthode comparative.
21 mai 2010
Publi-sacs
Il venait d’un pays en guerre. Fraîchement débarqué à Montréal. L’Occident salvateur. Pour gagner un peu d’argent, il distribuait dans les boîtes aux lettres des petits sacs de plastique remplis de circulaires publicitaires. On lui donnait quelques cents l’unité. Il ne comprenait pas du tout le but ce travail, mais trimait dur.
17 mai 2010
USINE 106U
Le bâtiment qui abritait jusqu'à récemment le collectif USINE 106U est maintenant placardé et des ouvriers y travaillent. Futurs condos? Je ne sais pas. Au fil des ans, les artistes du groupe ont décoré ce bâtiment de graffitis et de fresques diverses, qui s'ajoutaient ou changeaient régulièrement. Avant qu'on n'efface les derniers vestiges de ces oeuvres, j'ai pris en passant quelques clichés. J'immortalise le tout ici.
Sinon, la galerie du collectif USINE 106U est maintenant déménagée au 160 rue Roy Est.
Sinon, la galerie du collectif USINE 106U est maintenant déménagée au 160 rue Roy Est.
15 mai 2010
Nouveau Aréna Bon Marché Boutique
Avis aux jeunes femmes coquines dans le vent: c'est la grande vente d'été chez Nouveau Aréna Bon Marché Boutique !
STATIONEMENT
C'est toujours choquant de faire une coquille, surtout quand il s'agit d'un panneau fait à la main, en bois sculpté et peint...
Tragi-comédie
Un sondage révèle que les humoristes représentent maintenant plus de 50% de la population québécoise. Ces chiffres viennent confirmer la présence toujours grandissante des humoristes tant professionnels qu’amateurs dans les médias et dans la société québécoise en général.
Précisant qu’il ne se laissait jamais influencer par les sondages, le Premier ministre a immédiatement abrogé le parlement et annoncé par voix de communiqué qu’il gouvernerait dorénavant par décret. Lors d’un point de presse, le Premier ministre a précisé cette action: « La population n’a plus aucun intérêt pour la chose politique et, au fond, peut-on lui en vouloir? Qui a encore le loisir de perdre son temps à suivre ces débats incessants, ces commissions parlementaires et autres activités non-productives du monde politique. Il est temps de passer aux choses sérieuses et de diriger le Québec vers son destin: un lendemain bien géré, mou et beige. » Lui-même ancien membre d’un groupe d’humoristes très populaire il y a une quinzaine d’année, le Premier ministre a conclu son allocution en poussant quelques bonnes blagues, provoquant l’hilarité des journalistes présents.
Dans un lettre ouverte publié dans le magasine humoristique « Grosse Farce », l’Association des humoristes du Québec indique qu’elle se réjouit de la situation. « Les Québécois aiment rires et s’amuser, écrit l’Association dans sa lettre. Nous croyons que ces statistiques ne représentent au fond que l’accomplissement du vieux rêve de la société des loisirs. Plus on est de fous, plus on s’amuse! »
Interrogé dans la rue, un quidam commente: « MDR ».
Précisant qu’il ne se laissait jamais influencer par les sondages, le Premier ministre a immédiatement abrogé le parlement et annoncé par voix de communiqué qu’il gouvernerait dorénavant par décret. Lors d’un point de presse, le Premier ministre a précisé cette action: « La population n’a plus aucun intérêt pour la chose politique et, au fond, peut-on lui en vouloir? Qui a encore le loisir de perdre son temps à suivre ces débats incessants, ces commissions parlementaires et autres activités non-productives du monde politique. Il est temps de passer aux choses sérieuses et de diriger le Québec vers son destin: un lendemain bien géré, mou et beige. » Lui-même ancien membre d’un groupe d’humoristes très populaire il y a une quinzaine d’année, le Premier ministre a conclu son allocution en poussant quelques bonnes blagues, provoquant l’hilarité des journalistes présents.
Dans un lettre ouverte publié dans le magasine humoristique « Grosse Farce », l’Association des humoristes du Québec indique qu’elle se réjouit de la situation. « Les Québécois aiment rires et s’amuser, écrit l’Association dans sa lettre. Nous croyons que ces statistiques ne représentent au fond que l’accomplissement du vieux rêve de la société des loisirs. Plus on est de fous, plus on s’amuse! »
Interrogé dans la rue, un quidam commente: « MDR ».
14 mai 2010
4 mai 2010
Google Glasses
Mountain View, 4 mai 2020 – Google a annoncé aujourd’hui le lancement d’un nouveau service appelé Google Glasses. Il s’agit d’un réseau de boutiques et d’un site de commerce électronique offrant des lunettes de prescription et des verres fumés. Les lunettes sont offertes gratuitement et des publicités animées sont affichées en permanence en surimpression dans le champ visuel des utilisateurs. Grâce à cette technologie, les annonceurs peuvent donc distribuer des clips publicitaires par radiofréquence à une population captive.
On comprend maintenant mieux la stratégie de Google, suite à son acquisition récente des compagnies Ray-Ban et Oakley. Ces transactions s’élevant à plusieurs centaines de millions de dollars avaient alors laissés les experts sceptiques.
Interrogé sur le caractère potentiellement intrusif de cette technologie publicitaire, un porte-parole de Google a déclaré que le bénéfice d’obtenir d’excellentes montures et des verres de prescription tout à fait gratuitement contrebalançait largement le fait que les utilisateurs soient exposés à de la publicité. « Encore une fois, Google apporte le bien à la communauté. De 30 à 35% de la population mondiale est affectée de divers troubles de la vue. Peu importe leur classe sociale, toute les personnes ont droit à des lunettes de qualité. C’est ce que Google apporte aujourd’hui. »
Google travaillerait maintenant à la miniaturisation du dispositif d’incrustation publicitaire de façon à développer une offre de verres de contact.
L’action de Google a gagné 2,57% hier pour s’établir à 11 447,64 $ en fin de séance.
On se rappellera que Google a débuté dans les années 1990 comme un simple moteur de recherche Internet. Aujourd’hui, ce géant de la publicité a investi toutes les facettes de la vie quotidienne, de Google Health à Google Energy en passant par Google Transportation. On évalue que 80% du trafic Internet passe maintenant par les serveurs de Google, qui contrôle près de 90% du marché publicitaire mondial.
* * *
[Ajout du 2012-02-24: La réalité rejoint parfois la fiction. Une rumeur circule ici et là ces jours-ci dans l'Internet concernant le lancement cette année d'un produit qui, ma foi, ressemble étrangement à ce que j'imaginais pour déconner il y a presque deux ans dans ce billet. On n'arrête pas le progrès. Je vous le dis, on essaierait qu'on ne pourrait pas.]
3 mai 2010
Quelques congrès à venir à Montréal
Montréal est une ville cosmopolite, moderne et vivante, qui est desservie par un aéroport international et qui comporte une infrastructure hôtelière de "classe mondiale". C’est pourquoi, bon an mal an, de nombreux congrès y ont lieu, dont la portée est tant régionale que nationale qu’internationale. À titre d’illustration, voici un aperçu des événements qui se tiendront dans les prochains mois à Montréal.
- Les congrès jumelés de l’Alliance canadienne interprovinciale des joueurs de cornemuse et de la Fédération canadienne de boulingrin.
- Le forum annuel de l’Amicale des misanthropes.
- La convention de l’Assemblée des deuxièmes nations.
- Le congrès de la Coalition anthropomorphique pour les droits des animaux.
- Le symposium de la Compagnie des gens de lettres de N à Z.
- Le congrès de la Confédération des citoyens pour le respect des personnes humaines.
- Le colloque de la Confrérie des parents d’enfants prodiges prodigues.
- La réunion annuelle de la Corporation interprofessionnelle des travailleurs de l’ombre.
- La VIe réunion du Groupe de soutien des personnes humiliées sur YouTube.
- Le conseil général de la Guilde des personnages secondaires de couleur qui meurent dans la première moitié du scénario.
- Le congrès de la Ligue des parents inquiets en faveur de la sécurité, de la loi et de l’ordre.
- Le symposium de l’Ordre mondial des orthodontistes multimillionnaires (note: les frais seront défrayés par des compagnies d’appareils dentaires).
- Le colloque de l’Organisation mondiale de l’antiaméricanisme primaire.
- La convention du Parti néoduplessiste des agriculteurs fâchés.
- La réunion annuelle du Rassemblement des analphabètes pour le noui.
- Le congrès de fondation du Regroupement des humanistes ultrareligieux en faveur de la peine de mort et si possible dans d’atroces souffrances.
- Le rendez-vous de la Société secrète des politiciens et fonctionnaires corrompus (sur invitation seulement).
- Le salon du Syndicat des acériculteurs du Nunavut.
- L’assemblée générale de l’Union des propriétaires de restaurant dont le nom comporte le mot « Patate ».
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