25 octobre 2010

Twittérature de seconde main

Voici les moins pires twittreries que j’ai publiées sur mon fil Twitter depuis août dernier, pour fins d’archivage ou bien au cas où, cher lecteur, vous ne fréquentiez pas vous-même Twitter. Depuis quelques temps, j’ai décidé de n’écrire dans Twitter que des messages de 140 caractères tout juste, le maximum permis. Ça donne ce que ça donne.

(Notes : Si vous êtes nouveaux ici et que vous êtes intéressés à lire les autres segments de ce
bestov Twitter, je vous invite à cliquer sur la catégorie « Twittérature » dans le menu à droite. Si vous n’êtes pas utilisateur de Twitter et que la lecture de ce florilège vous fait douter de l’intérêt de ce médium, sachez qu’il permet également de faire du clavardage de groupe en direct pendant les émissions de télévision, ce qui permet par exemple de dire tout le mal qu’on pense de la couleur de la robe de l’animatrice.) 

* * * 

– Pardon, madame, je ne suis pas Belge. Je suis Québécois. – Mais si, bien sûr, j'aurais dû deviner, avec vos airs de bûcheron mal dégrossi!

Elle dissertait sur la liberté de l’homme. J’étais pour lui demander de préciser si le h était majuscule lorsque les déménageurs arrivèrent.

La créature rampait vers moi, grognant et bavant. J’étais acculé au mur, terrifié. Puis, me rappelant la consigne, je lui tendis son hochet.

Il publia un essai intitulé "La fin de l’Histoire", qui devint un best-seller. Ça fit sa fortune. Puis, il eut un cancer. Fin de l’histoire.

À l’écran, le premier ministre Harper déambulait dans ses pantalons en Fortrel beige, bien trop grand pour lui. "Vive le Canada", me dis-je.

L’an dernier, c’était le Trac 12. Un flop. Et les affaires stagnent. Je ne vois donc qu’une seule solution: lancer le rasoir à treize lames.

Depuis qu’il était devenu télépathe, il découvrait la bêtise de son chien. Les rêveries de son fils. Ah oui, et les infidélités de sa femme.

J'avais un chat vert. OK, il était bizarre, mais je l'aimais bien. Jusqu'au jour où une soucoupe volante s'immobilisa au-dessus de chez moi.

Tous les matins, il disait avoir mal aux cheveux. Son médecin le somma d'arrêter de boire. Il prit plutôt la résolution de se raser la tête.

Elle: Tu ne me prends jamais au sérieux. Lui: Mais non, viens te coucher. Elle: Et tu ne penses qu’au sexe. Lui: Alors ça, je ne le nie pas.

L’outil glissa de sa main ganté. Merde. Il se retourna et vit le tournevis dériver à bonne vitesse puis se perdre dans le vide intersidéral.

Lucy avait peur des vampires, donc détestait les bécots dans le cou. Mais c’était plus fort que lui: Vlad adorait lui mordiller la carotide.

Dans le contexte de ce party, danser en caleçon semblait une idée hilarante. Aujourd’hui, il se demande qui a bien pu mettre ça sur YouTube.

Culture : Yann Martel travaille à un nouveau roman; le dialogue passionnant d’un lémurien et d’un opossum au sujet de la condition féminine.

Peut-être un jour dira-t-on que la solitude et les angoisses de l’homme des années 2010 se résument parfaitement en 6 caractères : "SVP RT".

Il ouvrit les yeux. Un homme le regardait. L'homme dit: "Robert, va faire la vaisselle." Et le robot sut que son existence serait misérable.

Dans la ruelle, la corde à linge révèle les dessous de madame Soares. Mais rien d'affriolant: culottes et soutiens-gorges pour forte taille.

L'égo tonitruant, celui qui pile sur les pieds, le gros moi bouffi, qui se suffit à lui-même, narcissique et clinquant: vous voyez le genre.

À bord du vol d'Air Transat, les agents de bord, tout sourire, distribuent les plateaux-repas. Leurs "Bon appétit" sonnent comme une menace.

L'agent des douanes canadiennes insiste pour savoir si je rapporte quelque chose de l'étranger. Je réponds: Le contenu de mon tube digestif.

L'agent des douanes canadiennes n'apprécie pas mon humour. On me contraint à une fouille à nu. Bon. Ça m'apprendra à vouloir être spirituel.

Luís explique comment rejoindre l'autoroute. C'est compliqué. "Follow your instinct", conclue-t-il. Ça y est, nous sommes perdus, me dis-je.

Au magasin, la dame me tend le terminal de paiement en me demandant de "pianoter mon NIP". Inspiré, je lui joue la 1ère Gnossienne de Satie.

À la une, cette nouvelles: Mario Vargas Llosa remporte le prix Nobel de littérature. Je me dis: Tiens, c’était pas supposé être Houellebecq?

À quand le prix Nobel de la connerie? Le Goncourt du meilleur marketing littéraire? L’Oscar des effets spécieux, à l’actrice la plus liftée?

Avertissement: Lorsque présenté en boucle à des souris de laboratoire, ce film induit le cancer du pancréas. Nous préférons vous en avertir.

Selon certaines sources, Hubert Reeves souffrirait d’une grave dépression; son prochain essai s’intitulerait: "Pourquoi la terre est plate."

L’inventeur de l’outil qui permet de rédiger des tweets de plus de 140 caractères plancherait sur une machine promettant 25 heures par jour.

On disait de cet homme-canon que ses cascades tenaient du miracle. Entendant cela, Benoît 16 ne fit ni une ni deux et, boum, il le canonisa.

Des acides aminés flottent dans la soupe primordiale. Quelques siècles plus tard, un adolescent se tue en faisant du car surfing. (À suivre)

Le pauvre avait besoin d'un peu d'argent pour toucher un héritage. Et prenait la peine de m'écrire du Nigeria. Comment aurais-je pu refuser?

Les étourneaux sont passés. Ils devaient être mille. Toute la journée, ils ont jacassé dans la ruelle. Puis sont repartis. L'hiver, bientôt.

Encore une émission culinaire. Un chef aux bras tatoués fait griller un quartier de boeuf au lance-flamme. Puis met des barres Mars à frire.

"Ah oui, s’exclama-t-elle, le Québec! Les grands espaces!". Il acquiesça, n’osant pas lui dire qu’il habitait en ville dans un deux et demi.