28 avril 2010

Solitude


Il flottait en permanence dans le brouillard de la solitude. Ça l’enveloppait comme une légère angoisse.

Il lui arrivait souvent de parler tout seul. Pour entendre sa propre voix, pour s’exprimer un peu. Il se faisait à manger, par exemple une omelette au fromage, la télé jouait et il commentait, s’adressait aux participants du jeu télévisé. Ensuite, il mangeait en silence.

Il avait le téléphone et même un répondeur, mais ne recevait jamais d’appel.

Quand il se rendait au dépanneur acheter ses billets de loterie, il bavardait avec le monsieur chinois à la caisse, lequel ne semblait pas comprendre grand-chose et faisait oui de la tête en souriant.

Il sortait faire des courses et sur la rue, au petit marché du coin, à la pharmacie, il écoutait les gens vivre, bavarder autour de lui. Il sentait bien l’isolement, le vide, mais faisait avec. Depuis toujours, il n’avait connu que cette vie d’ermite.

Le soir, parfois, lorsqu’il éteignait la lumière, couché sur le dos dans son petit lit, il se disait: et si je m’inscrivais à Facebook?