23 décembre 2009

Esclave de la symbolique

Il est quand même bizarre que dans les romans et les films, les enterrements aient toujours lieu un jour de pluie. À chaque fois, on nous fait le coup de la procession sous la bruine ou l'averse, avec parapluies et imperméables noirs.

Puisque des gens meurent à tous les jours et qu'il ne pleut pas tout le temps, il doit bien y avoir des enterrements par jours de beau temps, non? À moins qu'on stocke les morts et qu'on les enterre seulement quand il pleut?

Tiens, pourquoi pas un passage du genre: « C'était une de ces belles journées de printemps, avec un soleil éclatant dont on sentait la chaleur sur les joues, malgré le temps frais. Je suais abondamment sous mon complet de lainage noir et je m'en voulus de n'avoir pas choisi quelque chose de plus léger. Toute la famille était là, sombre et recueillie sous la lumière de midi. Dans les arbres autours, les oiseaux piaillaient avec énergie, chantant la saison des amours, étrangers à notre douleur de voir disparaître tante Gilberte. L'employé des pompes funèbres actionna le moteur et le cercueil se mis à descendre lentement dans le trou. Ma femme pris ma main. Je me retournai vers elle et la trouvai plus belle que jamais. Bientôt, le cercueil arrêta sa descente. Ma mère fondit en larme. »

Le truc de la météo qui fait écho aux sentiments des personnages est franchement galvaudé. Le symbole forcé devient lieu commun.

Vu

Vu aujourd'hui: un type qui en pyjama qui fait des emplettes au Rona Dépôt.

18 décembre 2009

Emballage

Un bon jour, les nord-américains devront bien se rendre compte que la photo sur l’emballage du plat surgelé n’a rien à voir avec son contenu.

13 décembre 2009

Expérience de magasinage

Messages aux détaillants et aux experts du marketing: Visiter vos magasins constitue une expérience de magasinage au même titre qu'une séance d'arrachage d'ongles constitue une expérience de torture.

* * *

Lu dans le journal d’hier. Un expert en marketing justifie un achat compulsif en disant: « l'expérience magasinage était tellement incroyable que c'était plus fort que moi! »

* * *

Après 30 minutes dans un centre d'achat, mes mains enflent, mon champ de vision rétrécit, je manque d'air et je cherche désespérément la sortie. Est-ce cela que les experts en marketing appellent l'« expérience de magasinage » ?

* * *

La section des vêtements pour homme se trouvait comme il se doit au dernier étage, près des toilettes et du comptoir des retours. Il s'agissant de trois ou quatre étalages de vêtements offrant peu de choix et manifestement casés là comme un pis aller pour occuper les hommes pendant que leurs conjointes s'éclataient sur les quatre étages de la mégaboutique.

* * *

C’était le troisième employé qui me demandait si je cherchais quelque chose en particulier. J’ai failli répondre « la sortie » mais je me suis dit qu’il ne fallait pas que je gâche par ma mauvaise attitude mon expérience de magasinage.

10 décembre 2009

Vu ce soir

Je marche sur le trottoir enneigé. Je perçois soudain un bruit, l'écho de jappements plaintifs qui semble s'approcher. Je lève la tête. Une volée d'outardes, manifestement égarées en cette période de l'année, survole à basse altitude le Plateau Mont-Royal. Je contemple ce spectacle inhabituel et me dit que je ne donne pas cher de leur peau.

8 décembre 2009

Rue Guibord

Voilà à peu près 25 ans que j'habite Montréal et le nom de la rue Gilford a toujours été pour moi un peu mystérieux. Faut-il prononcer en anglais (« Guilferd ») ou en français (« Jilfor »)?

Je me suis donné la peine de faire une petite recherche récemment et le résultat est assez étonnant.

La rue Gilford devrait être la rue Guibord, de Joseph Guibord. Le nom actuel de cette rue tient à une erreur de retranscription sur des plans de la ville de Montréal datant de 1879. Cette appellation a été reprise tel quel sur les plans ultérieurs et, de fil en aiguille, Gilford est devenu le nom (illégitime) de cette voie. Pauvre Joseph Guibord, oublié par l’histoire!

Joseph Guibord (1809-1869), imprimeur, est connu pour avoir été membre de l'Institut canadien de Montréal, qui est « à la fois une bibliothèque publique et un lieu de débat et de conférence pour les sociétés littéraires et scientifiques de Montréal » (Wikipedia). Les membres de cet organisme sont excommuniés en 1859 et une publication du groupe est mise à l'index par Rome (rien de moins!) en 1868. Il semble de l'Institut canadien de Montréal soit trop libéral aux yeux de l’Église. Guibord meurt en 1869, alors que cette polémique religieuse fait rage. Après sa mort, compte tenu de l'affiliation de Guibord à cette organisation maudite, l'Église refuse l'accès au Cimetière Côte-des-Neiges à sa dépouille. Suite à un procès médiatisé, connu comme « l'affaire Guibord », Joseph Guibord est finalement inhumé dans la controverse au Cimetière Côte-des-Neiges Cimetière Côte-des-Neiges en 1874 (soit 6 ans après sa mort!).

Il est assez étrange que la Ville de Montréal n'ait jamais corrigé cette erreur et que 130 ans plus tard, la rue Guibord se nomme toujours la rue Gilford.

* * *

Sources:
La Ville de Montréal:
La Grande bibliothèque du Québec:
Dictionnaire biographique du Canada en ligne:
Wikipedia:

3 décembre 2009

Le problème avec les chiens

Entendu par hasard à la télé: « J'pense que c'est pas lui qui est pas un bon chien, c'est plus nous-autres qui a besoin de conseils pour être des meilleurs maîtres. »