26 avril 2009

Poésie naïve

C’était un groupe de rock de province. Dans une de leur chanson, il était question d’un bar « au coin de Saint-Denis pis Saint-Laurent ».

25 avril 2009

24 avril 2009

« Ça sonne bien mieux en analogique »

En accord avec les nouvelles tendances du moment, ce groupe pop avait fait paraître son dernier album en version MP3, CD, vinyle, cassette 8 pistes et microsillon 78 tours. Il avait aussi été question d’une version rouleau de cire pour gramophone, mais le budget de production s’était avéré insuffisant.

23 avril 2009

Entendu rue Saint-Laurent

Un couple de touristes dans une voiture arrêtée à un feu rouge demande son chemin à une punkette qui fait du squeegee. La jeune fille ne connaît pas la réponse. Elle interpelle son collègue qui est occupé à nettoyer de force le pare-brise d'une voiture plus loin dans la file. Elle l'interpelle d'un "Hey" sonore, qu'elle prononce avec une diphtongue grosse comme ça. Elle lui crie: "Haille, c'est où les smoked meats?"

Un charmant hôtel

15 avril 2009

Le bourreau

Voici l’animateur d’un talk-show dont l’humour absurde et le style flamboyant fait des ravages dans les chaumières. Son sourire charismatique et ses petits clins d’oeils entendus lui permettent de pousser en toute liberté les blagues les plus tordues. Son public perçoit-il le second degré? Peu importe. L’homme est un humoriste, il a du succès et de très bonnes cotes d’écoutes. Et en plus, son show ne coûte à peu près rien à produire; il fait dans le petit budget : un bureau, quelques chaises et à l’occasion, un ou deux accessoires en papier mâché. Les producteurs l’adorent. Un truc développé par notre animateur comique fait particulièrement fureur : il invite à son émission des personnes inconnues, mais ayant une occupation saugrenue, une apparence kitch ou un comportement décalé. Ces gens sont étranges et ça fait rire le monde. Et ça met notre homme en valeur.

Il y eut par exemple cette vieille dame (on suppose qu’il s’agissait d’une voisine ou de la mère d’un technicien qui travaille sur l’émission) qui avait enlevé ses dentiers et qu’il fit jouer dans des sketches idiots. Il y eut ce couple champion régional de danse sociale, un petit monsieur et une petite madame entre deux âges coincés dans leurs costumes défraîchis de paillette et de velours, et qu’il fit s’exécuter sur une musique hyper ringarde. Il y eut aussi ce type un peu obèse et aux cheveux gras, un peu bègue, qui pouvait engloutir trente-deux Pogos en trente secondes. Et il y a surtout cet invité récurrent, ce monsieur qui se prend pour un auteur-compositeur-interprète, un pauvre type qui bêle des chansons aux paroles involontairement pataphysiques et aux airs aléatoires. Le monsieur croit sincèrement qu’il a du talent et devient vite une valeur sûre dans l’émission. Notre animateur fait semblant d’apprécier son art, mais avec ce sourire complice nous permettant de ne pas être dupes. On se marre bien.

Ainsi, notre animateur jouit-il d’un grand succès populaire. Sa formule fait recette. Parce qu’en plus, on peut se contenter de verser à ces souffre-douleur un cachet de misère, ainsi le ratio coût – cote d’écoute est-il maximal. Les producteurs sont contents. Et notre bourreau continue de faire des clins d’œil à l’intention des téléspectateurs, ses complices.

10 avril 2009

Imperial Boots

L'enseigne de cette boutique est une petite vitrine à l'intérieur de laquelle une botte dorée est suspendue par un fil de fer. C'est d'un kitch charmant.

2 avril 2009

J.-F.

Il y a un phénomène typiquement québécois qui m’énerve un peu beaucoup. C’est relié au prénom Jean-François. Je m’explique.

D’abord, précisons que Jean-François est un prénom relativement commun au Québec. Selon ce site étonnant (*), c’était approximativement le 30e prénom le plus fréquent dans la population québécoise en 2000 (porté par environ 28 500 personnes). Sur Jean-François, ce site dit aussi :

« C'est dans les années 50 que Jean-François commence à grandir. Il atteint un plateau au début des années 70, et prénomme pendant une douzaine d'années 1 garçon sur 33. […] Depuis le milieu des années 80, Jean-François dégringole. Au milieu des années 90, n'est plus choisi que pour 1 garçon sur 200. Jean-François est resté pendant 26 ans au-dessus du seuil de 1 % et il fait partie des 50 premiers prénoms. C'est aussi le prénom composé le plus porté dans l'ensemble de la population. »

Source : http://www.lesprenoms.net/Jean-Francois.html

Bref, il y a beaucoup de Jean-François.

Or, il est très courant d’abréger Jean-François en J.-F. Mais pour une raison qui m’échappe (l’ignorance de la langue anglaise sans doute), et c’est ça le truc qui m’énerve, on donne souvent aux Jean-François le surnom de « dji-èf », en faisant semblant de prononcer avec un accent anglais.

De même, on dira « dji-si » (Jean-Claude) et « dji-pi » (Jean-Pierre ou Jean-Paul).

Déjà, le fait de faire semblant de prononcer en anglais devrait être suffisant pour m’énerver. Mais, bon, je peux accepter que ça fait cool sur un mode naïf, un peu comme lorsque j’étais enfant, que je jouais avec des GI-Joes et que les personnages s’appelaient : Joe, Jim, Jack, Bill, etc.

Or, le problème, c’est que J.-F. prononcé en anglais devrait donner : « djé-èf ». Parce que le « J » en anglais se prononce à peu près comme « G » en français (« djé ») et vice versa. Dire « dji-èf », c’est du faux anglais.

J’étais enfant et déjà on appelait les Jean-François : « dji-èf ». Ça fait donc des années (décennies!) que ça dure et que ça perdure. Et ça m’énerve.

(J’ai une suggestion : si on veut à tout prix abréger, pourquoi pas prononcer en français les initiales et dire « ji-èf » ?)


(*) Ce site étonnant (et au graphisme épouvantable) est l’œuvre de M. Louis Duchesne, démographe à l’Institut de la statistique du Québec et membre de la Société canadienne d'onomastique. Le site de M. Duchesne (bien que très laid) est un autre bel exemple de la richesse d’information gratuite que décèle l’Internet. Nous l’en remercions.