14 septembre 2009

Mes 5 premiers ordinateurs

1 - Science Fair DIGITAL COMPUTER KIT


Acheté chez Radio-Shack. J’avais eu ce jeu en cadeau avant d’avoir mon premier vrai ordinateur. Je suppose que je devais alors ressembler un petit cul sur l’image. Pas certain que ça se qualifie réellement comme étant un ordinateur, malgré le nom de DIGITAL COMPUTER KIT (jolie police de caractère, en passant, très années 1970). En suivant les instructions, on faisait tout plein de raccordements avec des fils électriques entre des bornes qui étaient en fait de petits ressorts. Ça permettait de faire des applications de logique hyper-simples, qu’on contrôlait à l’aide de commutateurs qui prenaient la forme de glissières de plastique. Les résultats « s’affichaient » dans la partie du haut, où une petite ampoule par curseur permettait d’illuminer par transparence un bout de texte imprimé sur une lanière de papier. Disons qu’on était loin d’une console Nintendo (ou même de Pong). Quelques années plus tard, alors que j’étais à l’université et que j’apprenais les rudiments du fonctionnement des portes logiques, j’avais ressorti ce kit qui traînait toujours à la maison chez mes parents. J’avais alors patenté une machine à additionner en binaire (manifestement pas pour plus de 4 bits parce qu’il n’y a que 10 curseurs sur ce machin de plastique). Je ne me rappelle plus très bien, mais il me semble que j’avais peut-être aussi mis à contribution un autre jeu du même genre qui comportait une puce réalisant des opérateurs logiques simples et un affichage numérique à LED. C’était l’époque où je pouvais faire ce genre de chose, comme un nerd fait de la magie. Le temps passe, j’ai bien changé. Aujourd’hui, ça prend tout mon petit change pour que je sache faire fonctionner les logiciels de Microsoft, comme Monsieur Madame Tout-le-monde. Quelle honte.



2 – Radio-Shack COCO-1 (alias TRS-80 Color Computer)

Mon premier vrai ordinateur. D’accord, c’était l’ordinateur familial, mais disons que j’en étais l’utilisateur principal. Ce bijou possédait une mémoire de 32 kilooctets, si je me rappelle bien. Programmable en BASIC. Comme c’était la norme à l’époque, il fallait le brancher à une télé et on pouvait enregistrer nos programmes à l’aide d’un lecteur de cassettes audio. J’ai recopié des milliers de programmes en BASIC publié dans des magazines. Il y avait aussi des jeux sympathiques (pour l’époque) sur de grosses cartouches qu’on insérait sur le côté de la machine. Nous avions aussi une cartouche qui comportait un vrai traitement de texte. Détail amusant, le clavier de type Chiclet (comme disent les anglais), ressemble à celui de l’ordinateur portable que j’utilise aujourd’hui (j’ai bien dit ressemble; la touche du COCO était horrible). Je me rappelle avoir perdu à cause d’une panne électrique un travail de CEGEP, que j’ai dû reprendre au complet. Il est facile de concevoir que la fonction de sauvegarde automatique n’existait pas avec un traitement de texte sur une cartouche et une cassette audio pour tout support de données. (Merde, je crois que cette anecdote évente mon âge avancé.)

3 – Radio-Shack COCO-3 (alias TRS-80 Color Computer)

Le Color Computer 3, toujours Radio Shack. Une version un peu plus évoluée du précédent qui offrait une mémoire de 128 kilooctets et de meilleurs graphiques. Contrairement au COCO-1, cet ordinateur offrait (tenez vous bien) un jeu de caractère comportant des caractères minuscules.

4 - Radio-Shack TRS-80 Pocket Computer model PC-2

Une grosse calculatrice programmable en BASIC. Généreuse mémoire de 2 kilooctets. Très utile pour y mémoriser illégitimement des formules de physique en vue d’un examen au CEGEP. Fait d’arme : j’avais conçu un programme pour calculer le pointage au tarot, lequel s’avéra très utile lors de match nocturnes bien arrosés.

Une note en passant. Ma fixation pour Radio Shack s’explique simplement par le prix imbattable de leurs ordinateurs. Un COCO était pas mal moins cher qu’un Commodore-64, par exemple. Tandy Corporation, société mère de Radio-Shack, était dans les années 1970 et 1980 un joueur sérieux de la micro-informatique, au même titre que Commodore et Apple, et profitait d’un réseau très étendu de succursales, ce qui lui permettait d’être à la fois fabricant, grossiste et détaillant. (Par contre, la grosse calculatrice plus haut était en fait un appareil fabriqué par Sharp et habillé sous la marque Radio-Shack).

5 – Commodore Amiga 500
Du sérieux : cet ordinateur utilisait alors le même microprocesseur que le Macintosh d’Apple (le Motorola 68000). 512 kilooctets, des capacités graphiques étonnantes à l’époque pour un ordinateur bon marché. Des commandes qui ressemblaient à celles d’UNIX (ou Linux aujourd’hui). J’ai fait des travaux d’université là-dessus, mais j’ai aussi passé des nuits blanches dans ma chambre des résidences universitaires à jouer à des jeux idiots.

Suite... et fin?

Par la suite, j’ai vendu mon âme au diable et depuis ce temps, je n’achète que des ordinateurs Wintel, que je renouvelle aux cinq ans, parce qu’après cette période d’utilisation, ils deviennent complètement empâtés et se mettent à tourner au ralenti. Après ça, Bill Gates vient nous dire sans rire que Microsoft favorise l’innovation.

(Note : toutes les photos de cet article ont été piquées ça et là sur l’Internet.)