Dans les couloirs du métro, un vendredi soir, à l'heure de pointe. Une foule assez compacte de travailleurs qui s'en retournent chez eux, la semaine terminée. Un musicien du métro fait quelques gammes sur une flûte traversière. Il s’arrête et harangue mollement la foule qui passe:
-- Un petit encouragement s'il vous plaît.
Puis il lance:
-- C'est ça, faites comme si j'étais pas là.
Ce qui ne provoqua pas, on s'en doute, une pluie de pièces dans son petit casseau.
Je me fis la réflexion que la populace qui se tape le métro matin et soir pour gagner durement sa croute n'a pas besoin d'un musicien aigri qui essaie de lui donner mauvaise conscience.
25 janvier 2008
21 janvier 2008
Q & R
Q : Quelle est la différence entre un homme et une femme?
R : Quand il écoute un documentaire sur les lions d’Afrique, l’homme regarde le Jeep.
R : Quand il écoute un documentaire sur les lions d’Afrique, l’homme regarde le Jeep.
17 janvier 2008
16 janvier 2008
Le machin à écrire manque de gaz
Il faut écrire. Plus assidûment, plus intensément, toujours plus. Suis-je paresseux ? Sans doute n'ai-je rien à dire; ce genre de petit problème n'a pas empêché (et n'empêche pas) des milliers d'écrivains d’aligner des mots, de noircir des pages, de se conter des histoires, bref, d’écrire. Le fait que personne ne me lit ne devrait rien y faire. Ce n'est pas pire que ces gens qui écrivent compulsivement un journal, que personne ne lit et ne lira. En principe, écrire devrait se suffire à soi-même. Mais tout porte à croire que je n'ai pas le souffle pour produire autant que je le voudrais. J'ai le souffle court, en somme. Ce n'est pourtant pas le temps qui me manque. Du temps que je perds à des choses vaines, en tout cas plus inutiles pour moi (d'un point de vue philosophique que je ne m'explique pas) que si je l'utilisais à écrire. J’écoute la télé, je gosse sur l’Internet, je lis des bandes dessinées, je lis le journal, je gosse sur l’Internet encore. De toute façon j'ai toujours été un mauvais conteur, ce qui n'aide certainement pas. Dès que j'essaie de construire quelque chose de plus de quelques paragraphes (ou vers), je m'embourbe, je me perds, je suis acculé à des culs de sacs, je m'essouffle, je perds le fil et j'abandonne. Au début (il y a déjà si longtemps), je croyais que je manquais surtout de persévérance, mais c'est sans doute autre chose, une énergie créatrice qui est trop diffuse, un talent qui est trop moyen, des moyens qui sont trop limités. (Mais peut-être, suis-je simplement trop paresseux ?)
Au travail, j'ai certainement écrit des milliers de pages dans ma vie, sous forme de documents techniques. Dans mon travail, c'est à la fois une qualité et un défaut: j'aime écrire et j'ai de la facilité à le faire. Analyses de faisabilité, spécifications fonctionnelles, cahier des charges, modes d'emplois, rapports exécutifs, etc. : étrangement, je produis ces documents avec facilité; comme dirais l’autre, je les conçois clairement et les exprime aisément. Le texte coule, les pages s'accumulent, pas de problème, j'écris une brique dans un temps record. Mais quand j'arrive chez moi et que je me mets à l'ordinateur, l'inspiration (comme on dit) n'y est pas et je bloque, la page demeure blanche, tout ça m'indiffère et je passe à autre chose. Les textes techniques procèdent d’une logique simple, claire, qui leur est inhérente. La littérature est subjective, créée de rien, dont seul l’auteur est la source et la justification. Constat qui m’est bien difficile à faire.
Pourtant, parfois ça marche; à ces occasions une idée me sera venue, une bonne idée, et j'ai une impulsion très forte de coucher ça sur le papier. Il faut que j'attrape l’idée au vol rapidement, sinon elle passe, je l'oublie, ou son pouvoir magique se tarit. J'ai alors manqué le bateau et je reviens dans mon état habituel d'hébétude devant la page blanche, je redeviens incompétent, distrait et désintéressé. Et malgré tous mes efforts et la mauvaise conscience, rien ne sort.
Résolution : Il faut que j’écrive plus souvent, même si je n’ai rien à dire. Ces exercices finiront peut-être par développer le muscle de la littérature. Au départ, c’était ça l’objectif de ce calvaire de machin à écrire…
Au travail, j'ai certainement écrit des milliers de pages dans ma vie, sous forme de documents techniques. Dans mon travail, c'est à la fois une qualité et un défaut: j'aime écrire et j'ai de la facilité à le faire. Analyses de faisabilité, spécifications fonctionnelles, cahier des charges, modes d'emplois, rapports exécutifs, etc. : étrangement, je produis ces documents avec facilité; comme dirais l’autre, je les conçois clairement et les exprime aisément. Le texte coule, les pages s'accumulent, pas de problème, j'écris une brique dans un temps record. Mais quand j'arrive chez moi et que je me mets à l'ordinateur, l'inspiration (comme on dit) n'y est pas et je bloque, la page demeure blanche, tout ça m'indiffère et je passe à autre chose. Les textes techniques procèdent d’une logique simple, claire, qui leur est inhérente. La littérature est subjective, créée de rien, dont seul l’auteur est la source et la justification. Constat qui m’est bien difficile à faire.
Pourtant, parfois ça marche; à ces occasions une idée me sera venue, une bonne idée, et j'ai une impulsion très forte de coucher ça sur le papier. Il faut que j'attrape l’idée au vol rapidement, sinon elle passe, je l'oublie, ou son pouvoir magique se tarit. J'ai alors manqué le bateau et je reviens dans mon état habituel d'hébétude devant la page blanche, je redeviens incompétent, distrait et désintéressé. Et malgré tous mes efforts et la mauvaise conscience, rien ne sort.
Résolution : Il faut que j’écrive plus souvent, même si je n’ai rien à dire. Ces exercices finiront peut-être par développer le muscle de la littérature. Au départ, c’était ça l’objectif de ce calvaire de machin à écrire…
14 janvier 2008
10 janvier 2008
Bribe
L'ADN humain étant breveté, pour faire des enfants, il faut maintenant signer un contrat de licence.
9 janvier 2008
Souvenir du verglas de 1998
Je ne me rappelle pas que nous ayons manqué d’électricité à l’appartement, rue Christophe Colomb, à Montréal. En tout cas pas plus de quelques minutes; pas assez pour devoir remettre à l’heure tous nos appareils électroniques, selon mon souvenir. Ainsi, un soir, Joanne et moi entreprirent de nous rendre à la boutique de location de vidéo la plus proche; une promenade qui nous amena à traverser notre quartier. Déjà, à quelques dizaines de mètres de chez nous commençait un no man’s land sans électricité : la noirceur, les branches qui jonchent le sol, les rues et trottoirs traversés de câbles électriques, cette atmosphère de fin du monde. Pas un chat dans les rues. Le club vidéo avenue du Mont-Royal était ouvert, mais sans électricité. Un éclairage de fortune permettait aux rares clients de choisir leurs films dans les rayons. À la lueur de bougies, les commis prenaient note des locations, le système informatique étant bien entendu en panne. Le commerce ne flanche pas devant l’adversité.
Une fois rentrés à la maison, ce n’est pas sans une bonne dose de mauvaise conscience que nous visionnâmes ce film, collés sur le divan, dans le confort douillet, chauffé et éclairé de notre petit quatre et demi pendant que deux millions de québécois se gelaient les couilles.
Une fois rentrés à la maison, ce n’est pas sans une bonne dose de mauvaise conscience que nous visionnâmes ce film, collés sur le divan, dans le confort douillet, chauffé et éclairé de notre petit quatre et demi pendant que deux millions de québécois se gelaient les couilles.
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