31 août 2007

Entendu au bureau par-dessus les cubicules

Un collègue au téléphone confirme un rendez-vous à son interlocuteur: « Je saute dans un taxi, je vais être là dans une quinzaine. »

28 août 2007

Jargon corporatif

On pratique parfois à mon travail un drôle de jargon corporatif qui consiste à utiliser le participe présent comme adjectif.
Exemples:
« C'est facilitant. »
« C'est pas aidant. »
« Un projet structurant. »
« Ce message vise principalement les accédants à la propriété. »

Autre forme de jargon corporatif, il est de bon ton au bureau d'utiliser des mots compliqués pour dire des choses simples. Ça fait cultivé.

Par exemple: ne pas dire « oui », mais « tout à fait ». Dialogue hypothétique:
- Travaille-tu sur le projet X ?
- Tout à fait. C'est un projet structurant à valeur ajoutée.

Autre exemple: ne pas dire « problème », mais « problématique ». Ex.:
- Ce projet s'attaque à la problématique du segment des accédants à la propriété.

Un autre stratagème consiste à utiliser des mots anglais. Par exemple, utiliser le mot anglais « issue » (prononcer ichiou) pour « problématique ». Ex.:
- J'ai fait la liste des ichioux [permettez-moi de mettre un « x » au pluriel, c'est encore plus drôle].
- Bonne idée, ça permettra de cerner la problématique.

Autre exemple de mot inutilement compliqué pour dire une chose simple. Ne pas dire « finir », mais « finaliser ». Ex.:
- As-tu finalisé l'analyse de la problématique ?
- Tout à fait.

Chaque entreprise a sa culture et ses expressions consacrées. S'y développe un langage n'ayant parfois pas grand chose avec le langage courant (ni même la langue française). Voici quelques exemple en usage à mon travail.

Attacher - Se coordonner, se concerter. Ex.: « On va attacher ça avec la Direction X. »

Donner un tour de roue - Faire avancer un dossier, analyser, travailler sur. Ex.: « As-tu eu le temps de donner un tour de roue sur le dossier Y ? »

Atelier - Réunion. Ex.: « On va faire un tour de roue en atelier. », « J'organise un atelier pour adresser la problématique. »

23 août 2007

Le poids des jours

Les sédiments des jours anciens
Poussières d'idées noires
Sont souvenirs brisés qui jonchent
Le lit de ma mémoire
C'est le poids des années qui croît
À chaque seconde
Je porte sur mon dos fourbu
Tous les malheurs du monde
C'est pas cher du kilo la vie
Mais c'est pesant en diable
Ça vient sans garantie et puis
C'est tellement périssable

J'ai laissé là tous mes fantômes
Et quitté mon grabat
J'ai suivi les chemins maudits
D'où l'on ne revient pas
La procession des coeurs damnés
Qui courent à leur perte
Je m'y suis joint et j'ai erré
Dans la plaine déserte
J'ai connu le fond des enfers
Les boulets et les chaînes
J'ai vu la folie dans leurs yeux
Et j'y ai lu la haine

Les lendemains de veille qui
Ne chantent plus du tout
J'ai perdu mon dernier jeton
Joué mon dernier atout
C'est un combat perdu d'avance
Contre la gravité
Mais il y a montagne à gravir
Et pierre à pousser
Je suis l'ami du fossoyeur
Des refrains oubliés
Je suis la victime innocente
Du jugement dernier

Puis...

Il y a ces jours où tout s'arrête
Où le calme revient
Où je me perds dans ton sourire
Et toi dans le mien
Et le ciel peut bien se couvrir
La mer se déchaîner
On s'accroche à notre île déserte
Comme des naufragés
On se dit qu'on pourrait mourir
Et qu'au fond on s'en fout
On aura vécu un beau rêve
Et vécu jusqu'au bout

Et je mets ma main sur ton ventre
Et tu fermes les yeux
J'oublie les probabilités
Et j'essaie d'être heureux

22 août 2007

Constatation

Les has-beens ne devraient pas prendre de la coke avant d'aller dans les talk-shows.

8 août 2007

Je navigue à vue

Je navigue à vue
J'explore à pied
Les mains devant
Les yeux fermés
Sans boussole
Sans repères

Jamais perdu
Parfois fourbu
Je prie les dieux
De l'imprévu
J'explore
Et j'implore

Je vogue au hasard
Soûlé d'espoir
Je vois de vagues
Araignées du soir
Sirènes
Et chimères

Je la veux nue, je la veux nue, la vérité
Je poursuis un eldorado de soie et de miel
Je veux des îles vierges, des arbres à fruits
Robinson Crusoë du dimanche ou du vendredi

Je navigue à vue
Nuit et jour
Le sang dans les yeux
Le souffle court

Terre! Terre!
Ton continent m'appelle
Ta gravité m'attire
Je dessine un sourire

Les mystères de ton ventre découvert
Que nul n'a jamais vu
Les secrets du creux de ton cou
Je suis le bienvenu chez vous

Je la veux nue, je la veux nue, la vérité
Les trésors oubliés
Épargnés des corsaires
J'ai trouvé ton repaire

Le zénith du soleil de minuit
Ferme les stores
Je me retire dans tes terres
Je ne mets plus le nez dehors