Les petits mots raboutés
Propos abscons
On pense saisir
Vague impression
Mais ça glisse
Et ça se sauve
Les petits mots cordés
Presque au hasard
Oublié, le rythme
Envolée, la rime
Économie d'effort
Post-post-modernité oblige
Les petits mots empilés
Constructions abstraites
Gratte-ciels
De gratte-papiers
Qu'ils soient vedettes confidentielles
Ou obscurs dilettantes
Ça fera de beaux livres pilonnés
Heureusement recyclables
30 septembre 2006
28 septembre 2006
Salon Denis
![]() |
| (J'ai honteusement piqué cette photo d'un recoin quelconque de l'Internet) |
Vous lisez quelques pages du Journal de Montréal
Une chaise se libère:
Denis
Vous vous installez
La grosse chaise en cuirette rouge
Denis vous couvre d'un poncho de nylon
Vous passez votre commande, Denis acquiesce
Alors Denis coupe
Et Denis parle
Denis a voyagé, il en a vu des choses
Denis a un avis sur tout
Les ciseaux font clic, clic
Parfois, la chaise pivote
Un radio portatif couine
Le collègue de Denis passe le balai autour de sa chaise, maintenant vide
Les passants sur le trottoir vous jettent un oeil par la vitrine
Et font de drôles de sourires
Denis monologue
Vous faites « hmm, hmm » à l'occasion
Si vous avez le malheur de répondre pour vrai
Denis arrête son travail, recule d'un pas
Et vous faisant face, il disserte un long moment
Le peigne d'une main, les ciseaux de l'autre.
Puis, ça reprend, clic, clic
Et Denis parle
Bientôt, Denis retire la serviette autour de votre cou
Passe un miroir derrière votre nuque
Vous hochez la tête positivement
Voilà
Vous passez à la caisse
9,50 $
Vous laissez un généreux pourboire
Saluez la compagnie
Et passez la porte en vous demandant, comme à chaque fois :
« Mais comment font-ils pour pratiquer les prix d'il y a vingt ans ? »
27 septembre 2006
Histoires de chiens - Laïka
Le 3 novembre 1957, des scientifiques russes scellaient le sas de l’astronef Sputnik-2. À son bord, la chienne Laïka s’apprêtait à réaliser le premier vol habité de l’histoire.Le satellite de 508 kg orbita autour de la Terre pendant 8 jours. Des instruments de télémétrie permettaient au personnel au sol de superviser les signes vitaux de sa passagère.
À son retour sur Terre, Laïka déclara que, bien que l’apesanteur lui eût causée de vertigineuses nausées, elle ne regrettait en rien son épopée, la Terre vue de l’espace offrant un spectacle unique. C’est d’ailleurs Laïka qui la première utilisa l’expression « la planète bleue ».
Des documents ultrasecrets récemment rendus publics par la CIA et la NASA font état de la défection de Laïka du Bloc Soviétique au cours de l’année 1961. Elle fut immédiatement récupérée par le programme spatial américain. Elle participa d’ailleurs activement à la formation des astronautes du programme Apollo dans la deuxième moitié des années soixante. Elle resta à l’emploi de la NASA durant tout le reste de sa carrière.
Laïka est décédée en Floride en 1985, laissant dans le deuil son mari Rex et ses trois enfants. On raconte que jusqu’à sa mort, elle assista des plages de Cocoa Beach à tous les décollages de la Navette Spatiale, anonymement mêlée à la foule...
(2002-07-17)
26 septembre 2006
Histoires de chiens - Le tichien de la grosse madame
Cela était une grosse balourde qui faisait crotter son tichien par un coin de rue; une femme à pois, toute ronde et avec un chapeau de paille synthétique. Cela tenait une laisse au bout de laquelle s'exécutait le malpropre tichien saucisse, minuscule paquet de nerf qui faisait son petit tas.
Cela était un rouleau compresseur en ferraille et distrait qui asphaltait nonchalamment le carrefour où le susdit tichienchien faisait caca. Cela pétait de la boucane et se dirigeait selon le mauvais gré d'un conducteur syndiqué qui se serait bien tapé une grosse bière tablette plutôt que de se faire suer de la sorte.
Tout cela était, sous un calme soleil d'après-midi.
Catastrophe! La grosse madame n'eut pas le temps de faire « ouf !» que l'étourdie machine surgissait, rugissante, et écrabouillait le tichien en pleine action. La pauvre bête se retrouva instantanément rouleau-compressée de tout son long.
– Ciel! S’égosilla la bacaisse, mon tichien, mon fétichien l'est mort!
Bain de sang sur la voie publique dans lequel flotte un dogue bidimensionnel. Déjà la toutoune scandalisée prend à partie l'infortuné autant qu'étourdi chauffeur de machinerie lourde et le moleste à grands coups de sacoche dans la baboune ce qui fait jaillir de son nez un petit ruisseau de sang qui coagule lentement, comme ces passants qui cessent de passer et s'attroupent, curieux.
Mais bientôt la police vint et constata, constabula, ordonna, interdit, contraventionna, moralisa et arrêta le loustic ensanglanté ainsi que son camion, tout ceci dans le temps de le dire et – comme il se doit – avec des moustaches et des fusils.
La mama s'en fut, inconsolable. Son irremplaçable pitou fut bientôt substitué par quelque hamster ou poisson rouge.
Quant au macchabée canin imprimé dans la chaussée, des industriels peu scrupuleux le firent ramasser par leurs hommes, ainsi que tous les détritus de la cité, pour en faire, d'après quelque recette ultrasecrète, des saucisses à not-dogs.
(Cette histoire date de 1989. Une version alternative de ce texte faisait office de paroles (déclamées) pour la chanson Sans titre des tchigaboux.)
Cela était un rouleau compresseur en ferraille et distrait qui asphaltait nonchalamment le carrefour où le susdit tichienchien faisait caca. Cela pétait de la boucane et se dirigeait selon le mauvais gré d'un conducteur syndiqué qui se serait bien tapé une grosse bière tablette plutôt que de se faire suer de la sorte.
Tout cela était, sous un calme soleil d'après-midi.
Catastrophe! La grosse madame n'eut pas le temps de faire « ouf !» que l'étourdie machine surgissait, rugissante, et écrabouillait le tichien en pleine action. La pauvre bête se retrouva instantanément rouleau-compressée de tout son long.
– Ciel! S’égosilla la bacaisse, mon tichien, mon fétichien l'est mort!
Bain de sang sur la voie publique dans lequel flotte un dogue bidimensionnel. Déjà la toutoune scandalisée prend à partie l'infortuné autant qu'étourdi chauffeur de machinerie lourde et le moleste à grands coups de sacoche dans la baboune ce qui fait jaillir de son nez un petit ruisseau de sang qui coagule lentement, comme ces passants qui cessent de passer et s'attroupent, curieux.
Mais bientôt la police vint et constata, constabula, ordonna, interdit, contraventionna, moralisa et arrêta le loustic ensanglanté ainsi que son camion, tout ceci dans le temps de le dire et – comme il se doit – avec des moustaches et des fusils.
La mama s'en fut, inconsolable. Son irremplaçable pitou fut bientôt substitué par quelque hamster ou poisson rouge.
Quant au macchabée canin imprimé dans la chaussée, des industriels peu scrupuleux le firent ramasser par leurs hommes, ainsi que tous les détritus de la cité, pour en faire, d'après quelque recette ultrasecrète, des saucisses à not-dogs.
(Cette histoire date de 1989. Une version alternative de ce texte faisait office de paroles (déclamées) pour la chanson Sans titre des tchigaboux.)
25 septembre 2006
Histoires de chiens - Fido
Il les avait d'abord contraint à une certaine discipline. Au début, c'était nouveau, ça allait; mais malgré leurs bonnes intentions, lorsque fut passée l'excitation première, ça devint plus dur. C'est qu'une routine avait dû s'installer: le jour se levait sur ses petits besoins, suivis de la bouffe, puis de quelques câlins, et pas oublier de remplir son écuelle d'eau quand elle est vide, et une promenade à l'extérieur, encore de la nourriture, et, enfin, dodo. Voilà quelles activités occupaient leurs moments de loisir depuis qu'ils avaient acheté Fido.
Ce n'est pas que François et Françoise s'emmerdaient, avant. Leur vie était déjà bien remplie et ils ne s'en plaignaient pas. Non plus qu'ils ne vivaient ensemble depuis assez longtemps pour qu'on puisse suspecter quelque ennui à la maison. Ils avaient acheté ce chien sur un coup de tête; peut-être parce que plusieurs de leurs amis s'adonnaient eux-mêmes à l'élevage de représentants de la faune domestique, pleins d'une grande affection pour ces bestioles: canins, félins, rongeurs, oiseaux, reptiles, batraciens et autres poissons. Il y en avait même un particulièrement fanatique qui se faisait fort de posséder une tarentule très rare. Ils avaient donc fait l'acquisition d'un petit chiot charmant qu'ils avaient baptisé Fido, par manque d'inspiration.
Après seulement quatre mois de cohabitation, Fido commença à devenir gênant. D'abord, il fallut le faire castrer: il s'était entiché d'un bras de fauteuil, c'était pas très propre. Son comportement n'était pas non plus toujours au goût de ses maîtres. Il prit l'habitude de sauter dans leur lit à six heures le matin. Pire: quand ils s'adonnaient à quelque ébats amoureux, Fido devenait furieux et jappait hystériquement. Aussi, il devint impossible de grignoter un morceau entre les repas: Fido vous regardait avec des yeux de chien battu en pleurnichant. Et puis, ce chien, il grossissait à vue d'oeil. Avec toute la bouffe qu'il ingérait, pas étonnant. Dans ces conditions, il devenait difficile de faire régner une certaine discipline. Si Fido décidait de s'étendre devant la télé, leur cachant la vue, François et Françoise n'osaient plus punir. Les dernières fois qu'ils s'étaient risqués à lui botter le cul, Fido les avait toisé effrontément en leur présentant une dentition en forme d'argument irréfutable.
À la longue, François et Françoise en vinrent à évoquer de plus en plus fréquemment la possibilité de se défaire du chien.
Or, voilà qu'un jour où Fido était attaché à l'extérieur, celui-ci, voulant peut-être pourchasser un chat ou un écureuil, réussit, à force de se démener, à se défaire de sa laisse. Il s'élança prestement et en un bon fut dans la rue. Mais dans sa furie, il n'avait pas fait attention à la voiture qui s'en venait à vive allure. Intrigués par le son d'un crissement de pneus, François et Françoise se précipitèrent à la fenêtre pour y découvrir, stupéfaits, leur Fido cadavérisé sous les roues d'une automobile.
François et Françoise portèrent un deuil exemplaire. Spontanément, ils poursuivirent en justice le chauffard cynocide pour perte de jouissance. Ils se payèrent des obsèques en bonne et due forme au cimetière pour animaux de leur patelin, avec toute la mise en scène appropriée. Ils furent ensuite des mois à parler de leur chien, avec le trémolo de circonstance dans la voix et l'oeil humide.
Évidemment, leurs amis zoophiles furent touchés par tant de dévouement et d'affection et manifestèrent avec chaleur toutes leurs condoléances. Bientôt, plusieurs voulurent faire profiter à François et Françoise de l'impressionnante activité procréatrice de leurs protégés. Mais ceux-ci déclinèrent toutes ces offres: « Nulle créature ne pourra remplacer Fido dans nos coeurs », argumentèrent-ils. On n'insista pas.
Ils ne tardèrent pas à procéder à un grand ménage pour faire disparaître toute trace du chien. Ils attendirent que l'affaire se tasse, puis s'oublie. On n'entendit bientôt plus parler de Fido.
Et François et Françoise furent bien débarrassés.
(Ce texte date des années '90.)
Ce n'est pas que François et Françoise s'emmerdaient, avant. Leur vie était déjà bien remplie et ils ne s'en plaignaient pas. Non plus qu'ils ne vivaient ensemble depuis assez longtemps pour qu'on puisse suspecter quelque ennui à la maison. Ils avaient acheté ce chien sur un coup de tête; peut-être parce que plusieurs de leurs amis s'adonnaient eux-mêmes à l'élevage de représentants de la faune domestique, pleins d'une grande affection pour ces bestioles: canins, félins, rongeurs, oiseaux, reptiles, batraciens et autres poissons. Il y en avait même un particulièrement fanatique qui se faisait fort de posséder une tarentule très rare. Ils avaient donc fait l'acquisition d'un petit chiot charmant qu'ils avaient baptisé Fido, par manque d'inspiration.
Après seulement quatre mois de cohabitation, Fido commença à devenir gênant. D'abord, il fallut le faire castrer: il s'était entiché d'un bras de fauteuil, c'était pas très propre. Son comportement n'était pas non plus toujours au goût de ses maîtres. Il prit l'habitude de sauter dans leur lit à six heures le matin. Pire: quand ils s'adonnaient à quelque ébats amoureux, Fido devenait furieux et jappait hystériquement. Aussi, il devint impossible de grignoter un morceau entre les repas: Fido vous regardait avec des yeux de chien battu en pleurnichant. Et puis, ce chien, il grossissait à vue d'oeil. Avec toute la bouffe qu'il ingérait, pas étonnant. Dans ces conditions, il devenait difficile de faire régner une certaine discipline. Si Fido décidait de s'étendre devant la télé, leur cachant la vue, François et Françoise n'osaient plus punir. Les dernières fois qu'ils s'étaient risqués à lui botter le cul, Fido les avait toisé effrontément en leur présentant une dentition en forme d'argument irréfutable.
À la longue, François et Françoise en vinrent à évoquer de plus en plus fréquemment la possibilité de se défaire du chien.
Or, voilà qu'un jour où Fido était attaché à l'extérieur, celui-ci, voulant peut-être pourchasser un chat ou un écureuil, réussit, à force de se démener, à se défaire de sa laisse. Il s'élança prestement et en un bon fut dans la rue. Mais dans sa furie, il n'avait pas fait attention à la voiture qui s'en venait à vive allure. Intrigués par le son d'un crissement de pneus, François et Françoise se précipitèrent à la fenêtre pour y découvrir, stupéfaits, leur Fido cadavérisé sous les roues d'une automobile.
François et Françoise portèrent un deuil exemplaire. Spontanément, ils poursuivirent en justice le chauffard cynocide pour perte de jouissance. Ils se payèrent des obsèques en bonne et due forme au cimetière pour animaux de leur patelin, avec toute la mise en scène appropriée. Ils furent ensuite des mois à parler de leur chien, avec le trémolo de circonstance dans la voix et l'oeil humide.
Évidemment, leurs amis zoophiles furent touchés par tant de dévouement et d'affection et manifestèrent avec chaleur toutes leurs condoléances. Bientôt, plusieurs voulurent faire profiter à François et Françoise de l'impressionnante activité procréatrice de leurs protégés. Mais ceux-ci déclinèrent toutes ces offres: « Nulle créature ne pourra remplacer Fido dans nos coeurs », argumentèrent-ils. On n'insista pas.
Ils ne tardèrent pas à procéder à un grand ménage pour faire disparaître toute trace du chien. Ils attendirent que l'affaire se tasse, puis s'oublie. On n'entendit bientôt plus parler de Fido.
Et François et Françoise furent bien débarrassés.
(Ce texte date des années '90.)
24 septembre 2006
Histoires de chiens - Le chien de Zinzin
C'était un chiant froncé – c'est-à-dire un chien français – qui non seulement souillait les trottoirs de sa merde, mais qui, de surcroît pissait volontiers sur le flanc des voitures en stationnement. Zinzin son maître n’était pas spécialement froncé; ce chien, il l'avait eu pour pas cher, en importation, de chez le pète choppe.
Cet homme et ce chien vivaient ensemble comme deux vieux amis dans un trois-et-demi trop petit et trop cher.
Les samedis soirs, ils se rendaient au débit de boisson le plus proche prendre un verre.
- Salut, Zinzin! Qu'est-ce qu'on vous sert? lançait invariablement le patron de l'établissement à leur entrée.
Zinzin répondait toujours la même chose:
– Pour moi, ça va être une draft, et avec ça: un scotch pour le chien.
Le patron venait illico avec des verres pleins et s'en retournait presto à sa télé.
– Merde! Il m'a encore mis des glaçons, gémissait le chien, à toutes les fois c'est pareil!
Et là, Zinzin et son chien se tapaient dans leur soirée du samedi trente parties de trente et un et une douzaine de verres.
Des fois, aussi, ils restaient à la maison et regardaient le hockey à la télé, sans dire un seul mot de la soirée.
Ça faisait des années qu'ils cohabitaient ainsi, partageant le même espace, les mêmes couverts, le même lit.
Un beau matin, le chien de Zinzin se plaignit à celui-ci de maux de ventre; ils ne semblait pas dans son assiette: le museau baveux et la queue molle. Une visite chez le docteur plus tard, il était frappé d'une cirrhose intraitable.
L'euthanasie fit le reste.
La semaine suivante, Zinzin se rendait au bar topless du quartier avec un flambant neuf de chiant froncé qui allait faire maugréer les voisins pour les dix ans à venir, les voisins avec de la merde canine collée sous leurs semelles.
(La première version de cette histoire date de 1989.)
Cet homme et ce chien vivaient ensemble comme deux vieux amis dans un trois-et-demi trop petit et trop cher.
Les samedis soirs, ils se rendaient au débit de boisson le plus proche prendre un verre.
- Salut, Zinzin! Qu'est-ce qu'on vous sert? lançait invariablement le patron de l'établissement à leur entrée.
Zinzin répondait toujours la même chose:
– Pour moi, ça va être une draft, et avec ça: un scotch pour le chien.
Le patron venait illico avec des verres pleins et s'en retournait presto à sa télé.
– Merde! Il m'a encore mis des glaçons, gémissait le chien, à toutes les fois c'est pareil!
Et là, Zinzin et son chien se tapaient dans leur soirée du samedi trente parties de trente et un et une douzaine de verres.
Des fois, aussi, ils restaient à la maison et regardaient le hockey à la télé, sans dire un seul mot de la soirée.
Ça faisait des années qu'ils cohabitaient ainsi, partageant le même espace, les mêmes couverts, le même lit.
Un beau matin, le chien de Zinzin se plaignit à celui-ci de maux de ventre; ils ne semblait pas dans son assiette: le museau baveux et la queue molle. Une visite chez le docteur plus tard, il était frappé d'une cirrhose intraitable.
L'euthanasie fit le reste.
La semaine suivante, Zinzin se rendait au bar topless du quartier avec un flambant neuf de chiant froncé qui allait faire maugréer les voisins pour les dix ans à venir, les voisins avec de la merde canine collée sous leurs semelles.
(La première version de cette histoire date de 1989.)
Histoires de chiens
Je n’ai jamais aimé les chiens. Ou ils sont gros, ils puent et ne cherchent qu’à vous renifler l’entrejambe, ou ils sont petits, ils sont énervant et sautent partout.
Devant chez moi, il y a un arbre. Encore une fois aujourd'hui, il y avait de la merde de chien au pied de cet arbre. J’avais soudain très envie de ratisser les rue de Montréal avec une 303 et de tirer à vue sur tous les chiens.
Bien entendu, le problème n’est pas tellement le chien que le maître. Un chien mal élevé est le reflet d’un humain grossier. Je ne vois pas très bien la différence entre laisser la merde de son chien au pied d’un arbre et baisser son pantalon et le faire soi-même. Je suppose que ces gens ont la capacité de regarder ailleurs pendant que leur chien chie, puis tirent sur la laissent et font semblant de ne pas savoir ce qui s’est passé. Pourquoi se donner la peine de ramasser les excréments de son chien quand on peut les laisser sur le trottoir devant la maison de quelqu’un d’autre?
Bref, ça m’a donné l’idée de publier ici quelques fonds de tiroirs : quelques histoires de chiens que j’ai écrites au fil des années. Probablement pour exorciser mon aversion pour les chiens.
Devant chez moi, il y a un arbre. Encore une fois aujourd'hui, il y avait de la merde de chien au pied de cet arbre. J’avais soudain très envie de ratisser les rue de Montréal avec une 303 et de tirer à vue sur tous les chiens.
Bien entendu, le problème n’est pas tellement le chien que le maître. Un chien mal élevé est le reflet d’un humain grossier. Je ne vois pas très bien la différence entre laisser la merde de son chien au pied d’un arbre et baisser son pantalon et le faire soi-même. Je suppose que ces gens ont la capacité de regarder ailleurs pendant que leur chien chie, puis tirent sur la laissent et font semblant de ne pas savoir ce qui s’est passé. Pourquoi se donner la peine de ramasser les excréments de son chien quand on peut les laisser sur le trottoir devant la maison de quelqu’un d’autre?
Bref, ça m’a donné l’idée de publier ici quelques fonds de tiroirs : quelques histoires de chiens que j’ai écrites au fil des années. Probablement pour exorciser mon aversion pour les chiens.
23 septembre 2006
Help Desk
La voix au bout du fil
À l'autre bout du monde
Numéro 1-800
Le centre d'appel
Bangalore ou Pune
L'Est à la rescousse de l'Occident
Une jeune femme me parle
Dans un anglais à l'accent étrange
Probablement jolie dans son sari
Un casque d'écoute sur la tête
Dans un cubicule quelconque
Pardon, mademoiselle
J'ai besoin d'aide
Quel temps fait-il chez-vous?
Quel âge avez-vous?
Quel est votre dieu?
Êtes-vous déjà promise par votre père
À un homme que vous ne connaissez pas?
Quelle couleur, votre sari?
Votre sourire timide
Votre regard fuyant, mais curieux
Vous répondez selon le protocole
Je bafouille dans un anglais à l'accent étrange
Bangalore, Pune ou ailleurs
Quelques dizaines de jeunes gens
À la rescousse de l'Occident
Qui a désespérément besoin d'aide
À l'autre bout du monde
Numéro 1-800
Le centre d'appel
Bangalore ou Pune
L'Est à la rescousse de l'Occident
Une jeune femme me parle
Dans un anglais à l'accent étrange
Probablement jolie dans son sari
Un casque d'écoute sur la tête
Dans un cubicule quelconque
Pardon, mademoiselle
J'ai besoin d'aide
Quel temps fait-il chez-vous?
Quel âge avez-vous?
Quel est votre dieu?
Êtes-vous déjà promise par votre père
À un homme que vous ne connaissez pas?
Quelle couleur, votre sari?
Votre sourire timide
Votre regard fuyant, mais curieux
Vous répondez selon le protocole
Je bafouille dans un anglais à l'accent étrange
Bangalore, Pune ou ailleurs
Quelques dizaines de jeunes gens
À la rescousse de l'Occident
Qui a désespérément besoin d'aide
22 septembre 2006
21 septembre 2006
Le théâtre môderne
Ce sera un show d'avant-garde
Du jamais vu
Très anticonformiste
Il n'y aura pas de décors, ou si peu
Sous les éclairages crus
Des personnages immobiles
Ou qui se démèneront violemment comme pris par une crise d'épilepsie
Qui bougeront de façon incohérente
Feront aussi de petits gestes bizarres avec leurs mains
Autour de leurs corps
Autour de leur visage
Ce sera parfois très années 80
Des personnages qui déclameront des choses qu'on n'est pas certains de comprendre
Quelques-uns parfois surgiront du fond du parterre en hurlant, puis monteront sur la scène
D'autres s'adresseront au public de dos
D'autres chuchoteront les mains devant la bouche
Une musique cacophoniques, des notes scandées: piano, bruits, cordes
Et ça durera deux heures trente et il n'y aura pas d'entracte
Ça sera très intense
On parlera de sujets tabous: sodomie, viol, meurtres, excréments, pollution, sida, bombe A, guerre, économie, média, gros mots, cancer du côlon
Quel est ce silence: Malaise ou indifférence dans le public ?
Et on parlera de gens qui parlent
Et on fera allusion à des gens du milieu
Un milieu, le milieu, n'importe quel
On sentira que c'est sensé être très branché
Mais on aura beaucoup de fourmis dans les jambes
Et à la fin, sans trop qu'on sache pourquoi
Les personnages se mettront à poil
Black out
Du jamais vu
Très anticonformiste
Il n'y aura pas de décors, ou si peu
Sous les éclairages crus
Des personnages immobiles
Ou qui se démèneront violemment comme pris par une crise d'épilepsie
Qui bougeront de façon incohérente
Feront aussi de petits gestes bizarres avec leurs mains
Autour de leurs corps
Autour de leur visage
Ce sera parfois très années 80
Des personnages qui déclameront des choses qu'on n'est pas certains de comprendre
Quelques-uns parfois surgiront du fond du parterre en hurlant, puis monteront sur la scène
D'autres s'adresseront au public de dos
D'autres chuchoteront les mains devant la bouche
Une musique cacophoniques, des notes scandées: piano, bruits, cordes
Et ça durera deux heures trente et il n'y aura pas d'entracte
Ça sera très intense
On parlera de sujets tabous: sodomie, viol, meurtres, excréments, pollution, sida, bombe A, guerre, économie, média, gros mots, cancer du côlon
Quel est ce silence: Malaise ou indifférence dans le public ?
Et on parlera de gens qui parlent
Et on fera allusion à des gens du milieu
Un milieu, le milieu, n'importe quel
On sentira que c'est sensé être très branché
Mais on aura beaucoup de fourmis dans les jambes
Et à la fin, sans trop qu'on sache pourquoi
Les personnages se mettront à poil
Black out
20 septembre 2006
Mini-polar
Au moment où Carl faisait feu, il comprit enfin. Les comptes de la compagnie qui ne balancent pas, ces réunions tardives auxquelles il n’était pas convié, les absences de Claire. Il repensa à ce silence lourd au moment où il surgissait dans le bureau du vice-président Finances, les papiers sur le bureau, les regards obliques, Carl qui le prend par le coude pour le reconduire hors du bureau.
Ce ne fut pas une explosion comme dans les films. Ce fut un bruit sec, un peu étouffé. Il fixait le regard noir de Carl, derrière l'arme. Tout devenait limpide.
Comment avait-il pu être si naïf? Ce poste de directeur qu'il avait obtenu trop facilement, le salaire hors norme. Les millions égarés. Les papiers que la secrétaire lui tendait et qu'il signait sans lire. Et la mine taciturne de Claire, ses esquives, ce voyage d'affaires soudain aux Îles Caïman. Elle lui avait laissé un message sur son portable : « Ne m’attend pas. Je suis à l’aéroport. Une obligation de dernière minute. Carl t’expliquera. »
Au moment où Carl faisait feu, il comprit enfin. Mais trop tard.
Ce ne fut pas une explosion comme dans les films. Ce fut un bruit sec, un peu étouffé. Il fixait le regard noir de Carl, derrière l'arme. Tout devenait limpide.
Comment avait-il pu être si naïf? Ce poste de directeur qu'il avait obtenu trop facilement, le salaire hors norme. Les millions égarés. Les papiers que la secrétaire lui tendait et qu'il signait sans lire. Et la mine taciturne de Claire, ses esquives, ce voyage d'affaires soudain aux Îles Caïman. Elle lui avait laissé un message sur son portable : « Ne m’attend pas. Je suis à l’aéroport. Une obligation de dernière minute. Carl t’expliquera. »
Au moment où Carl faisait feu, il comprit enfin. Mais trop tard.
19 septembre 2006
Du contenu
Ils veulent du contenu pour leurs serveurs
Dans leurs câbles, faire couler du jus
Remplir la bande passante, à toute vapeur
Du blabla, du n'importe quoi en continu
Une toile de fond, un drap tendu
Sur laquelle s'affichent les publicitaires
Pour la joie coupable, à peine contenue
De la maîtresse et du banquier de l'actionnaire
C'est l'ère du direct
De l'improvisation
Des concours d'amateurs
Des lofteurs
Des blogueurs
Des chroniques d'humeur
Des journaux gratuits
De l'infodivertissement
Des chaînes spécialisées
Des vox-pop
Des lignes ouvertes
Des SMS
Tout le monde s'exprime
Sur fond de vide intersidéral
Le médium est le message? Quelle blague! Le médium est un contenant
Et le contenu est un support à pub ou alors il sera payant
Dire que la télé était gratuite encore avant-hier
Pendant ce temps, je tape, pépère
J'ai rien à vous vendre, rien d'un vendeur
Pas de bulllshit, juste quelques caractères
En un flot irrégulier, quelques octets à l'heure
Les conglomérats n'ont que faire de mes humeurs
Je cadre pas avec leur plan d'affaires
La convergence a des limites, par ailleurs
Qui voudrait lire mes vers sur l'écran de son cellulaire ?
Dans leurs câbles, faire couler du jus
Remplir la bande passante, à toute vapeur
Du blabla, du n'importe quoi en continu
Une toile de fond, un drap tendu
Sur laquelle s'affichent les publicitaires
Pour la joie coupable, à peine contenue
De la maîtresse et du banquier de l'actionnaire
C'est l'ère du direct
De l'improvisation
Des concours d'amateurs
Des lofteurs
Des blogueurs
Des chroniques d'humeur
Des journaux gratuits
De l'infodivertissement
Des chaînes spécialisées
Des vox-pop
Des lignes ouvertes
Des SMS
Tout le monde s'exprime
Sur fond de vide intersidéral
Le médium est le message? Quelle blague! Le médium est un contenant
Et le contenu est un support à pub ou alors il sera payant
Dire que la télé était gratuite encore avant-hier
Pendant ce temps, je tape, pépère
J'ai rien à vous vendre, rien d'un vendeur
Pas de bulllshit, juste quelques caractères
En un flot irrégulier, quelques octets à l'heure
Les conglomérats n'ont que faire de mes humeurs
Je cadre pas avec leur plan d'affaires
La convergence a des limites, par ailleurs
Qui voudrait lire mes vers sur l'écran de son cellulaire ?
Intention
Informaticien de profession, j'écris dans mon CV que je possède à la fois un esprit créatif et rigoureux. L'informatique met certes à profit mes aptitudes en logique. Mais pour le créatif, c'est plutôt très moyen.
J'écris des trucs depuis toujours. J'ai été parolier (et chanteur) dans des groupes semi-confidentiels (les tchigaboux, qui ont quand même faits les Francofolies de Montréal en 1998, puis CQFD) pendant une quinzaine d'années. Ça a assouvi mon côté créatif et ça m'a permis d'écrire de la poésie et de la diffuser. Mais bientôt, épuisé de faire du rock dans mon garage, j'ai tout lâché.
Depuis, je continue d'écrire. Je mets mes écrits dans des bouteilles et les jette dans la mer de l'Internet...
J'écris des trucs depuis toujours. J'ai été parolier (et chanteur) dans des groupes semi-confidentiels (les tchigaboux, qui ont quand même faits les Francofolies de Montréal en 1998, puis CQFD) pendant une quinzaine d'années. Ça a assouvi mon côté créatif et ça m'a permis d'écrire de la poésie et de la diffuser. Mais bientôt, épuisé de faire du rock dans mon garage, j'ai tout lâché.
Depuis, je continue d'écrire. Je mets mes écrits dans des bouteilles et les jette dans la mer de l'Internet...
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