17 janvier 2018

Code 905











Attention à tous les opérateurs
Code neuf cent zéro cinq
À la station Snowdon










Dégagement de fumé











Un dégagement de fumé
Nous oblige à interrompre le service 
Entre les stations
Montmorency et Lionel-Groulx










15 janvier 2018

Humourisme

        — Bonsoir tout le monde !
        — Ha ! Ha ! Ha !
        — Comment ça va ?
        — Ha ! Ha ! Bien !
        — Je tiens à vous le dire tout de suite : j’ai étudié à l’École Internationale de l’Humourisme de Montréal.
        — Ha ! Ha !
        — J’ai une maîtrise en calembours.
        — Ho ! Ho !
        — J’ai une barbe, aussi.
        — Ha ! Ha ! Ha !
        — Pis j’ai une blonde pis un chat qui s’appelle Monique.
        — Ha ! Ha ! Y est malade !
        — Je vous conterais bien une bonne joke mettant en vedette ma blonde, du genre « c’est donc compliqué la vie de couple » pis toute, mais je vous l’ai dit : moi, ma spécialité, c’est les calembours.
        — Ha ! Ha ! J’en peux pus !
        — Les calembours, c’est comme des jeux de mots, mais pour intellectuels.
        — Ha ! Ha ! Quel humour fin !
        — By the way, y a rien que je déteste plus que de perdre une chaussette. Perdre une paire de chaussettes, ça va, mais une seule, maudit que ça m’enrage.
        — Ho ! Ho ! Ho !
        — Parlant de chaussette, y a une chose que mon père m’a enseignée dans la vie, c’est de toujours donner mon 110 %.
        — Ha ! Ha ! Ah ?
        — Un jour qu’il filait philosophe, il m’a dit : « Mon gars, écoute-moi bien, je vais te donner le truc essentiel pour réussir dans la vie. »
        — (Silence solennel.)
        — Bon, attention, voilà le punch.
        — Ha ! Ha ! C’est déjà drôle !
        — Il m’a dit : « Mon gars, si tu veux réussir dans la vie, le plus important, c’est de ne jamais céder au nivellement par la chaussette. »
        — HA ! HA ! HA ! (Ovation debout.)

14 janvier 2018

Randonnée post-apocalyptique

Après la pluie des derniers jours, la neige fraîche de la nuit et du matin a ramené l’hiver dans le bois. Les arbres se dressent, secs et nue-tête, se balancent dans la brise comme des grands enfants gênés. Il ne fait pas si froid. On s’est bien trop habillés. On sue, mais, les joues rouges, on trotte avec bonheur. À cette heure de l’après-midi, le soleil décline, des nuages luisants s’accrochent à la crête des montagnes. Les ombres bleues et jaunes barbouillent la neige. Le sentier déjà piétiné forme une croûte rigide et permet de progresser sans raquettes. Parfois, on voit affleurer un petit ruisseau : on ne sait plus trop ce qui couve sous nos pas, alors on marche du bout des pieds.

Le sentier monte un peu et mène à un point de vue en bonne partie obstrué par des conifères. On suppose que le roi du show est le sommet du mont Orford, qui est un peu perdu dans les nuages. On aperçoit une mésange furtive dans une talle de pruches. Elle souffle son petit cri ténu, à la limite de l’audible, avant de disparaître. Ce sera l’unique animal sauvage observé pendant l’expédition. Au retour, ça descend, mais pas assez pour qu’on soit tenté de glisser sur les fesses.

Dire qu’on nous annonçait la fin du monde. L’hiver n’appartient pas aux météorologues.



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13 janvier 2018

Journal d’un survivant




C’était dans mon fil Twitter hier. C’est dans le journal ce matin. Urgences-santé recommande à la population d’éviter de sortir de la maison. Nous sommes en janvier. Cette saison s’appelle l’hiver. Après le froid polaire des dernières semaines, voilà de la pluie verglaçante et de la neige. La médiatisation de ces phénomènes météorologiques en est au point où il faudrait s’encabaner. Avoir su, j’aurais fait des réserves en novembre, question d’être prêt pour les « AVERTISSEMENTS DE TEMPÊTE HIVERNALE EN VIGUEUR » (en majuscules et sur fond rouge) d’Environnement Canada et, qui sait, l’invasion imminente des zombies. Ou l’hiver nucléaire post-Trump.

Hier, nous avons tout de même pris la route en début de soirée. À voir le trafic sur l’autoroute, nous n’étions pas les seuls fous à braver l’interdiction et l’averse (de pluie pas verglaçante), qui s’est avérée une averse assez classique, de celle dont on survit généralement. Ce matin, en Estrie, il neige. Rien d’anormal : on est en janvier et c’est l’hiver.

Par esprit de contradiction, nous allons sans doute sortir de la maison plus tard aujourdhui.



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