24 août 2016

Préposé à l’entretien (McGill)











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Le préposé à l'entretien de la station McGill
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22 août 2016

18 août 2016

À paraître



J’ai reçu hier la nouvelle version bêta de mon prochain livre. Il ne devrait rester qu’une dernière phase de révision avant que je m’attelle à la composition de la version numérique (epub), un travail de moine (un moine typographe versé dans le format XHTML, disons). Bref, si tout va bien, je rendrai la chose disponible dans les boutiques en ligne avant la fin de septembre.

De quoi s’agit-il ? Le livre s’intitule La vie secrète du commis comptable. C’est un recueil de six nouvelles dont les personnages principaux sont tous des comptables, un segment de la population largement sous-représenté en littérature selon mes observations. Cinq de ces nouvelles ont déjà été publiées brièvement dans le Machin à écrire sous forme de feuilleton; pour diverses raisons, je les ai retirées du site depuis. L’autre est inédite (valeur ajoutée, comme disent les experts du marketing). Ces nouvelles abordent divers thèmes qui m’ont suffisamment obsédé depuis trois ans pour que je les exorcise à coup d’histoires de cinq mille mots.

Rétrospectivement, on constatera que l’ampleur des publications du Machin à écrire suit une progression croissante :

  • L’insoutenable gravité de l’être (ou ne pas être) : recueil d’aphorismes et de très courts textes d’abord publiés dans Twitter, faisant donc en principe au plus 140 caractères.
  • Comme un léger malentendu : recueil de textes déjà publiés dans le blogue et comptant en moyenne de 500 à 1 500 mots.
  • La vie secrète du commis comptable : recueil de nouvelles d’environ 5 000 mots chacune.

Qui sait, la prochaine étape pourrait être la publication de ce roman — oui, oui, mon fameux Grand projet littéraire (vaguement) ambitieux™ — dont le manuscrit a été poliment, mais fermement refusé par un aréopage d’éditeurs québécois? (Et non, je ne compte pas poursuivre ensuite en écrivant une saga en dix volumes.)

Dans un autre ordre d’idée, d’un commun accord avec notre nouveau vice-président exécutif à la commercialisation (le cinquième en un an, les autres ayant démissionné pour cause d’épuisement professionnel), j’ai revu le prix des publications du Machin à écrire (disponibles, rappelons-le, dans les boutiques Lulu, AmazonKobo et FNAC, partenaire de Kobo). Tout est dorénavant soldé. Cette politique tarifaire sera également appliquée à notre nouvel opus. Je me limiterai à invoquer comme raison de cette stratégie l’incontournable principe de l’offre et de la demande et les défis de la découvrabilité (j’adore ce mot) pour un auteur inconnu qui fait dans l’auto-édition. Mais cela n’a aucune importance. Restons zen (en commençant la rédaction de ce billet, je me suis promis de ne pas recommencer avec mes jérémiades).

Bref, pour conclure : je jubile à l’idée de bientôt lancer ce recueil de nouvelles intitulé La vie secrète du commis comptable qui représente trois ans de ma vie, dont je ne suis pas peu fier et qu’en ce moment je vernis et polis autant que le permette ma petite organisation éditoriale solitaire et artisanale. J’ai bien hâte que vous puissiez enfin lire ça.

Restez donc à l’affût, cher lecteur, je vous fais signe quand c'est prêt.

14 août 2016

Quelques miettes de vacances

N’en déplaise aux écologistes, statistiquement, il y a sur les routes davantage de voitures rouges que de voitures vertes.

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Pour l’écriveron artisan en vacances, la rédaction d’une quatrième de couverture est une activité éminemment anxiogène.

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Sonia siffle le petit air si caractéristique et un bruant à gorge blanche lui répond ; ça rappelle la fameuse scène du film Rencontre du troisième type.

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Après-midi de farniente : lecture, surf numérique et pognage de beigne. Même pas la force de faire un somme. Me voilà officiellement en vacances.

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Par tradition, pendant les vacances, je lis un polar (lecture d’été, comme ils disent). Celui-ci est « traduit de l’américain ». J’y lis : « artiste de l’arnaque » et je décode que le texte original disait « con artist ». Je m’attriste que le traducteur n’ait pas choisi « arnaqueur », tout simplement.

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Île aux lièvres, inventaire partiel :

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Pourquoi pas une quatrième de couverture en Lorem ipsum ?

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À l’école d’hôtellerie, dans quel cours apprend-on aux aspirants serveurs et serveuses d’attendre que le client ait la bouche pleine avant de se présenter à la table pour demander : « Est-ce que tout est à votre goût ? »

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Être en villégiature, c’est souvent perdre le statut de piéton qu’on connaît en ville et se voir réduit à n’être que le conducteur de sa voiture.

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Ce restaurateur avait trouvé le plan parfait pour rentabiliser son établissement : il demandait dix dollars de plus pour le forfait « table d’hôte sans les mariachis ».

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Mon père nous sort une expression qui nous a bien fait rire : « ça me met le feu au passage ».

1 août 2016

Lecture d’été

Les romans sont peuplés de gens de lettres : écrivains, aspirants écrivains, écrivains ratés, étudiants en lettres, nègres, diaristes, épistoliers, libraires, typographes, éditeurs, journalistes, etc. Nos observations nous portent à conclure que cette tranche de la population est très largement surreprésentée dans les œuvres de fiction, c’en devient un peu bizarre, à la longue. On se demande si quelqu’un va bien vouloir un jour s’intéresser à d’autres sortes de monde, je ne sais pas moi, aux adjointes administratives ou aux commis comptables, par exemple.

Ainsi, l’autre jour, jouissant d’une courte semaine de vacances, j’entrepris de lire enfin ce pavé paru il y a quelques années et dont on a dit tant de bien; la preuve : il y a Pierre Foglia qui aurait écrit, en tout cas c’est ce qui est imprimé sur la page couverture du livre, que ce roman procure « un très grand bonheur de lecture ». Je progressais lentement mais sûrement à travers la brique, égrenant les pages l’une après l’autre, sans trop me laisser intimider par l’épaisseur du volume, porté par cet esprit fin qui traversait le texte, tout allait bien, pas l’ombre d’un romancier ou d’un poète en vue, lorsque — paf! — au détour d’un paragraphe, et sans qu’on l’ait vue venir, page trois cent quatre-vingt-quelque (pour vous situer : même pas encore à la moitié de l’ouvrage — et, non, en effet, il ne s’agissait pas du dernier Kim Thúy), entre en scène une certaine Claudia qui a, tenez-vous bien, « soutenu sa thèse sur la littérature médiévale ».

Bon, bon, bon.

Il s’en est fallu de peu pour que le charme soit rompu et que la brique, soudain plombée, me glisse des doigts.

Mais je persévérai et, malgré les allusions littéraires qui émaillèrent ensuite le récit et que, étant assez peu cultivé, je ne saisis que peu ou prou (voire pas du tout), il n’y eut pas davantage de gens de lettres qui s’ajoutèrent à l’intrigue et je tournai bientôt la dernière page, rempli de félicité moi aussi d’avoir connu « un très grand bonheur de lecture ».


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[Pour les curieux, il est question ici de La fiancée américaine, roman d’Éric Dupont, aux éditions Marchand de feuilles, en format poche, 877 pages.]