13 avril 2017

Brunoise

​À l’Amicale des manchots, on vote à main levée.


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Selon moi, l’histoire de l’humanité a commencé à la fin des années soixante et elle n’en a plus pour si longtemps.


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— Que se passe-t-il, monsieur l’agent?
— Vous savez pourquoi je vous arrête?
— Pas du tout.
— Vous avez roulé avec votre vélo sur le trottoir, vous avez ensuite avec votre vélo brûlé un feu rouge, puis roulé avec votre vélo sur les orteils d’un piéton qui traversait la rue, avant avec votre vélo de vous engager à l’envers dans un sens unique.
— Ah. D’accord, mais par contre, je faisais semblant de rien.
— Vous faisiez semblant de rien.
— Oui.
— Vous êtes bien certain?
— Absolument.
— Hum. Bon. Maintenant que vous le dites, oui, je crois qu’en effet, vous faisiez semblant de rien. Je n’avais pas remarqué. Je m’en excuse. C’est bon, vous pouvez circuler. Mais soyez prudent, quand même.
— N’y comptez pas trop! Merci, monsieur l’agent.
— C’est moi qui vous remercie.


*


Peu à peu, au fil des cinq cents pages, on découvre le lien ténu qui relie les trente personnages du roman et, si on se fie aux critiques littéraires et aux jurys des nombreux prix remportés par l’auteure, c’est comme une épiphanie, c’est comme terminer le cube Rubik, c’est comme réussir le high score à Tetris, tout s’emboîte parfaitement, le cerveau et le cœur font tilt, sauf que moi, je suis largué, j’ai déjà eu de la difficulté à me rappeler le nom de tous ces gens, qui est qui, j’ai l’impression d’avoir traversé le désert les yeux bandés, j’ai l’impression d’être un élève qui n’a pas bien fait ses devoirs, alors, honteux, je referme le livre sans trop comprendre, en me disant que je suis sans doute passé à côté d’une grande œuvre encore une fois, que je suis sans doute un peu stupide.


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Comme d’habitude, les culs-de-jatte ont voté avec leurs pieds.

9 avril 2017

Une épigraphe pour «Passé simple»

Le hasard veut que je publie deux billets de suite à propos d’épigraphe. La semaine dernière, j’étais heureux (mais aussi déçu que cela ne se soit pas produit cinq mois plus tôt) d’avoir découvert une citation de Guy de Maupassant qui colle parfaitement à mon petit recueil de nouvelles La vie secrète du commis comptable. Aujourd’hui, c’est pour consigner ici l’épigraphe parfaite pour ma série Passé simple :



« Nous vîmes des choses, les oubliâmes. C’est le passé simple. » 
Pierre Peuchmaurd, Fatigues. Aphorismes complets, L’Oie de Cravan, 2014.


Que ce soit pour un livre déjà publié ou une série dont vingt-quatre chapitres se trouvent déjà dans mon blogue, il n’est jamais trop tard pour une (bonne) épigraphe.

1 avril 2017

L’épigraphe manquante

Avec plus de cinq mois de retard, j’ai trouvé l’épigraphe parfaite pour mon recueil La vie secrète du commis comptable.

« Il menait l’existence monotone et morne des bureaucrates, sans espoirs et sans attentes. Chaque jour, il se levait à la même heure, suivait les mêmes rues, passait par la même porte devant le même concierge, entrait dans le même bureau, s’asseyait sur le même siège, et accomplissait la même besogne. »
Guy de Maupassant, Le Père, Contes du jour et de la nuit, C. Marpon et E. Flammarion, s.d. (1885) (pp. 35-54).

S’il m’arrive de retoucher les fichiers du livre dans le futur (par exemple pour corriger de nouvelles coquilles), peut-être en profiterai-je pour ajouter cette épigraphe.

26 mars 2017

Passé simple — Archéologie

Source: Wikipedia



Les jours se suivent et s’accumulent, petit à petit, on vaque à nos affaires, on ne porte pas trop attention au temps qui passe et un jour on se rend compte avec étonnement qu’on a cinquante ans, que ça fait longtemps que ça s’accumule, c’est devenu dur et épais, on casse la roche de nos souvenirs et on découvre plein de fossiles, comme des photos en noir et blanc de bestioles autrefois bien vivantes, maintenant représentations spectrales à deux dimensions, l’ombre de gens disparus, de vieilles histoires, des légendes, des fragments — un sourire, une odeur, un instant fugace, un matin d’été, le son d’un orage, une vague impression —, c’est une nuée de détails inutiles capturés là comme autant de mouches dans l’ambre de notre mémoire, c’est joli quand on regarde dans la lumière, mais on se doute bien qu’on n’y découvrira pas le sens caché de notre existence. Les jours se suivent et s’additionnent, et on se demande si c’est ça, la vie, si c’est seulement ça, et si à cinquante ans on ne serait pas déjà un peu devenu dinosaure.

25 mars 2017

La journée mondiale des journées internationales



Vous pouvez enfin être informés de la succession quotidienne des journées internationales et mondiales en continu grâce au compte Twitter @jourbot, alimenté par un petit programme (que d’aucuns appellent aussi fort pompeusement robot) de mon cru.



Pour plus de détails sur mon (stupide mais amusant) générateur de journées internationales et mondiales, veuillez vous rendre ici.